‹ La libertéChapitre 29 sur 106 · I. IbitLyW^ leçon · texte numérisé non relu

I. IbitLyW^ leçon

HIST. DU 1»R0BLÈME AU XJX*^^ SIKCLK lU

le tire de son état d'enveloppement, comme la chaleur solaire fait un boutOQ de fleur. Avec l'objet infini se trouve dans la raison une conscience qui peut régaler, une conscience qui est une énergie sans bornes, un sujet infini.

L'objet et le sujet une fois constatés, tout n'est pas dit : il faut aller plus loin, si l'on veut avoir un concept adéquat de l'être. Et c'est l'erreur de Fichtc de ne l'avoir pas vu. Fichte s'en est tenu au moi et au non-moi ; il s'est arrêté à ta dualité dans son analyse de rinfini. Il faut la dépasser. Le moi et le non-ynoi sont en effet deux contraires, deux termes corrélatifs, mais qu'on ne peut ramener directement l'un à l'autre. Ils ont donc leur raison -explicative dans un fond commuo, et l'on passe ainsi par la trinité à l'unité.

Veut-on, par conséquent, se faire une juste idée de l'être? il ne le faut placer ni dans le sujet, ni dans l'objet, ni dans ce troisième principe qui est le sujet-objet. Aucun de ces termes n'est l'être à lui seul. L'être n'est ni 1, ni 2, ni 3; mais ce qui est 1 + 2 + 3. Pour avoir la vraie notion de l'être lui-même, il ne faut prendre les trois termes qui lé constituent ni à l'état isolé ni comme le résultat d'une addition: car ils en sont ni séparés ni simplement unis. 1 + 24-3 ont un fond iden-

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tiques ^ ; 1 + 2+3 sont une seule et même chose à trois aspects divers.

Ici l'on n'a pas de peine à reconnaître l'influence (lu christianisme sur Schelling. Le génie du philosophe allemand a rencontré dans sa marche la trinité des théologiens et se l'est assimilée, tout en lui donnant une forme originale. La pensée de Schelling est d'ailleurs puissamment synthétique de sa nature. On trouve dans sa conception du monde, comme dans le poème de Dante, des données païennes et des données chrétiennes, du Platon et de l'Aristote aussi bien que du Kant et duFichte. Tout s'y groupe dans l'harmonie d'une grande idée.

Voilà le concept de l'être ; mais cet être lui-même, qu'est-il a l'origine des choses, par rapport aux étapes qu'il doit franchir dans son développement ? Ce n'est pas l'idée d'être en général, c'est-à-dire la plus vide des idées, celle qui touche de plus près au néant. Le P. Gratry s'est battu contre des chimères, quand il a interprété de la sorte la philosophie allemande. Il y a dans cette philosophie une pensée qu'il est lYioins facile de ramener à lacontradiction. L'être primordial n'est pas non plus un simple sujet logique, dont on peut affirmer tout le reste. Ce

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