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Fond.de Japsych., P. I, sect. II, ch. u

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ne change rien à la nature des choses. La conscience proclame qu'il y a une attention dont Tactivité est l'essence ; une mémoire qui n'est pas la simple persistance des images, mais la reproduction volontaire des signes; une volonté, enfin, qui, loin de se confondre avec le désir, entre en lutte avec lui et le surmonte. La conscience proclame l'hétérogénéité native des faits psychologiques et par là même l'irréductibilité réciproque des facultés qu'ils supposent. Il y a plus : on accorde que la faculté de sentir « est bien innée ou inhérente à l'âme humaine, dont « elle constitue par hypothèse toute l'essence. a Or la sensation première et originale ne doit-elle « pas avoir dans sa nature, ou dans ce qui laconsti- « tue sensation tout ce qui est requis pour produire « par son développement ultérieur toutes les facul- « tés qui sont censées dérivées » ? Les animaux ne s'élèvent pas jusqu'au jugement et à la réflexion, parce que (c leurs sensations ne renferment pas « tout ce qui est compris dans les nôtres )). Si nous les dépassons dans notre évolution, c'est que nous avons dès Forigine, à l'état latent, ce qu'il nous faut pour les dépasser. Ainsi la sensation ne contient tout, que si l'on a pris la précaution préalable d'y tout mettre ^.

l Fond, de laj)sych.,V. I, sect. II, ch, n.

Le sensualisme, qui n'explique Fhélérogénéité ' des phénomènes intérieurs qu'à l'aide d'un tour de passe-passe, enveloppe un vice encore plus profond : il ne rend pas compte de la personnalité.

En effet, « dans l'hypothèse d'une statue animée «qui est primitivement odeur de rose et rien de « plus par rapport à elle, cette sensation avec laquelle le l'âme ou le moi se trouve complètement identi- « fié exclut positivement l'individualité personnelle, a tant qu'il n'y a point de fondement à l'emploi de « la formule énonciative de l'existence personnelle : « Je suis y>. Dans la statue de GondilJac, simple agencement de phénomènes vides et flottants, il n'y a pas d'unité synthétique et consciente, il n'y a personne ^ .

Il faut aller plus loin, si l'on veut toucher du doigt l'insuffisance de la théorie de Condillac. Le fait qu'il nous donne comme primitif, n'est pas un fait. On appelle de ce nom « tout ce qui existe pour « nous, tout ce que nous pouvons percevoir au dea hors, sentir en nous-mêmes, concevoir dans nos « idées » . Par là môme, tout fait suppose deux éléments : quelque chose qui est vu et quelqu'un qui voit, un objet et un sujet. « Il n'y a de fait pour « nous qu'autant que nous avons le sentiment de

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