‹ La libertéChapitre 54 sur 106 · Ib. p · texte numérisé non relu

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tence, c'est-à-dire à Texplication métaphysique du monde, et se trouve ainsi ramené par la force irrésistible de la logique en face de cet océan du Nou-* mène, qu'il a si souvent traité de vaine illusion.

C'est là un premier point sur lequel Taine se dépasse lui même ; il y en a un autre. Si « nos idées les plus abstraites ne sont que des signes », s'il n'existe dans notre conscience que des heurts et des soudures de sensations, c'est Stuart Mill qui a raison. On ne peut dépasser les cas observés, il n'y a pas de lois absolues. Il faut, pour pénétrer jusqu'à l'absolu, que notre esprit s'élevant au-dessus des données sensibles ep découvre la nature abstraite, en dégagQ le logique qui s'y dissimule. Et c'est en réalité ce qu'admet Taine , toutes les fois que la sensation ne suffit plus à l'explication de la pensée; mais sans avoir l'air de s'apercevoir que recourir à pareille idée, c'est sortir du positivisme pour rentrer en plein dans le système d'Aristote et de saint Thomas ^ . Derrière le positiviste, il y a chez Taine un puissant métaphysicien qui n'a pu éclore, parce que le milieu ne s'y est pas prêté. Si Taine fut venu quelques siècles plus tôt, il eût raisonné comme un Duns Scot.

.i. De^Vintellig., t. II, c. i, p. 260. — v. aussi le rapport de M. liavaisson.

Quoi qu'il en soit, la loi de causalité a dans son système une valeur absolue; d'autre part, elle ne régit pas l'enchaînement des pouvoirs à leurs modes, mais celui des faits aux faits. Par là même, tout se lie dans l'âme comme au dehors ; il n'y a pas de liberté. Et ce dogme de son déterminisme physiologique, Taine ne s'est pas contenté de le défendre philosophiquement, il en a fait, dans ses nombreux ouvrages, une perpétuelle application à l'histoire, à la littérature, aux arts.

Chez Taine,. c'est la causalité qui domine ; chez M. Paulhan, c'est la finalité.

La vie psychique se greffe en quelque sorte sur l'organisme. Le physique est la condition du mental. Les phénomènes intérieurs ont la matière pour support ^. Mais ce n'est pas à dire qu'ils soient par eux-mêmes dépourvus d'activité. Gomme l'a vu Herbart, les phénomènes psychiques s'attirent, se repoussent, s'associent et se séparent : les idées agissent sur les sentiments, qui agissent sur les tendances, qui agissent sur les mouvements ; il y a aussi réaction des mouvements sur les tendances, des tendances sur les sentiments, des sentiments sur les idées. « Ces phénomènes sont tout à fait « analogues à ceux que nous trouvons dans la vie

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