‹ La libertéChapitre 71 sur 106 · Jbid · texte numérisé non relu

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2Stf LA LIBERTK

la liberté n'enti'e pas dans la trame de la réalité. Elle n'entre pas davantage dans la trame do la logique; impossible de l'harmoniser avec la notion elle-même du principe de causalité. Qu'est-ce en effet que la liberté? Une puissance capable de produire des actes qui n'ont pas d'antécédents, a un pouvoir de commencer de soi-même une série de modifications! *. Mais une telle faculté est quelque chose d'incompréhensible, une telle faculté est en contradiction avec le fond même de l'entendement humain. Commencer de soi-même une série de modifications, c'est aller par sa propre force de l'indétermination à la détermination,de la puissance à l'acte, du moins au plus ; car il y a nécessairement dans le fait quelque chose de plus que dans le possible. Commencer de soi-même une série de modifications, c'est réaliser l'absurde ; il n'y a pas plus de liberté qu'il n'y a de cercle carré. La liberté, c'est l'irrationaiismequi s'implante au sein de la raison. Tout n'est pas là d'ailleurs. Il faut regarder aux conséquences, et voilà le dilemme auquel on n'échappe pas. Ou bien l'on admet qu'une chose peut se déterminer de soi-même, qu'il eicistc des commencements absolus. Et alors il y a liberté. Mais le monde est livré au hasard : plus d'ort. Kani, crit. de la raûon pfolique.

dre, plus de régularité, plus de proportion, plus de lois ; Par là même plus d'astronomie, plus de physique, plus de physiologie, plus de science d'aucune sorte ; par là même, plus de prévision possible, plus d'action sur la nature, plus de progrès, plus de sécurité de l'existence ; car tout enchaînement des choses devient incertain. Ou bien l'on admet l'impossibilité de commencements absolus : et alors tout devient harmonie et raison ; mais aussi la liberté n'est plus. Entre la liberté et la causalité il faut donc choisir; entre l'une et l'autre pas de milieu possible. Il faut que là liberté soit tout ou ne soit rien ; or elle ne peut être tout. Ainsi, a ce qu'on appelle notre liberté est précisément la conscience de la nécessité en vertu de laquelle une fin connue par notre esprit détermine, dans la série de nos actions, l'existence des moyens qui doivent à leur tour déterminer la sienne t> * .

La liberté n'est pas, ou, ce qui revient au môme pour nous, n'est pas de ce monde.

Les ressources sont donc loin de faire défaut aux partisans du déterminisme psychologique. Histoire, statistique, influence du caractère, conscience, lo*

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