Liberté et dêterm., p. 11, 90, 2Î
remporte en perfection sur la sensibilité, la sensibilité sur la vie organique, la \ie organique sur la matière brute. Hédonistes, eudémonistes, partisans de la valeur métaphysique des choses trouveront toujours le champ ouvert à leurs spéculations, qu'ils se prononcent pour ou contre la liberté i .
Il en est de même de l'idée du droit. Loin d'envelopper quelque degré de bonté, la liberté d'indifîérence est la folie de la volonté. En présence de cette liberté fantasque, ce n'est pas le respect qui s'impose ; « il faut nous empresser de nous garer, puis de la détourner de notre chemin comme on détourne un chariot emporté par un cheval sans frein ». La liberté qui obéit à des motifs n'est pas supérieure de beaucoup à celle qui se jOue capricieusement et sans règle. En quoi l'indétermination vaut-elle plus que la détermination, la liberté prise en elle-même que la nécessité ? « Si l'on dit, au contraire, que le pouvoir absolu d*ûgir a une loi à suivre et que, selon le choix qu'il fait, il mérite ou démérite, cela supposera quelque chose de supérieur à ce pouvoir, un bien plus haut, une loi extérieure s'imposant à lui; dès lors, il n'est