‹ La libertéChapitre 79 sur 106 · I. Liberté et déterm., P^ p., c. iv · texte numérisé non relu

I. Liberté et déterm., P^ p., c. iv

plus le principe suprême ; ce sera cette loi supérieure qui fondera le droit, et non la puissance des contraires i . L*hypothèse de la liberté ne jette pas plus de lumière sur la notion du droit que sur celle du bien. Le droit peut et doit se fonder en dehors de toute liberté : le fondement du droit, c'est rénergie avec laquelle la volonté tend à Tidéal, moral sous l'action déterminante de cet idéal lui-même * .

Le devoir aussi trouve son explication dans la théorie déterministe, aussi bien que dans la doctrine de la liberté. Il est bon que le bien soit ; le bien s'adresse à la volonté ; il en exige sa réalisation. Ce rapport du bien à la volonté : voilà l'obligation, voilà le devoir. Or ce rapport ne suppose pas la liberté ; il ne suppose qu'une puissance active.

Il n'y a pas seulement bien, droit, devoir dans la théorie déterministe mieux comprise ; il y a possibilité de progrès moral.

« Toute idée, connue par nous, a une action sur nous, et tend à se réaliser par cela même qu'elle est conçue : voilà notre principe, dit M. Fouillée. Au fond, penser une chose, c'est déjà la commencer. On ne peut avoir, par exemple, l'idée d'un

i. L'Idée moderne du droit, I. IV, i, vi.

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mouvement sans produire dans le cerveau ce mouvement même, l'idée d'une mélodie sans la chanter intérieurement )!> ^. Or, parmi les idçes, il y en a de supérieures à toutes les autres, qui expriment des idéaux : telle est la liberté.

L'idée de liberté a une force active et cette force est d'autant plus grande qu'elle est d'un ordre plus élevé., « Supposons que je sois dominé par une violente colère. Si je suis persuadé que je n'ai aucun pouvoir sur ma passion ou si je ne songe pas à ce pouvoir, il est clair que ma colère suivra fatalement son cours. Mais voici qu'une idée, amenée par les lois de l'association ou de l'habitude, prend une puissance nouvelle dans mon esprit et, de confuse qu'elle était, devient distincte : c'est l'idée (subjective ou non) d'une résistance possible à ma colère, d'un empire que je crois pouvoir exercer, et que de plus ma raison juge rationnel et bon d'exercer. Aussitôt cette idée interrompt la fatalité de la passion ; c'est utie force nouvelle qui peut, en s'accroissant, faire équilibre à ma colère ». Ainsi du rôle de l'idée de liberté à l'égard de toutes les autres passions : elle pourra toujours intervenir dans les débats qui s'élèvent en nous entre la raison et les sens, a et, comme

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