‹ La libertéChapitre 92 sur 106 · Essaie I, IV, V, VIII, xiv, xv · texte numérisé non relu

Essaie I, IV, V, VIII, xiv, xv

i. l*^)^ Essai, causalité.

conséquences qui ne s'achèvent pas en cette vie, la finalité partout dominante dans les règnes organiques et conscients veut qu'il y ait un autre monde où 1q devoir et la sensibilité se donnent le baiser de paix, où la justice ait le dernier mot; et, pour que la justice se fasse, il faut un justicier, une personnalité à la fois omnisciente et toute puissante. Mais cette conclusion est trop lointaine, elle a passé trop de fois par le tribunal de. la liberté, pour garder le caractère de la certitude. Ce n'est qu'une probabilité dont il faut s'enchanter^ . D'ailleurs, qu'il y ait -ou non une réalisation suprême de l'idéal moral que nous portons en nous, le devoir garde toujours sa valeur absolue : c'est un impératif qui se suffit. L'immortalité de l'âme, l'existence de Dieu ne sont pas des postulats nécessaires de la loi morale, comme l'a cru Kant. 11 y a une personnalité souveraine où le monde s'unifie, si tout est pour le mieux ; -or rien ne prouve qu'il en soit ainsi, on a même du contraire de nombreux et terrifiants indices. M. Renouvier ne s'aperçoit pas, sans nul doute, qu'affirmer du phénomène qu'il se sutfit, c'est en faire une substance ; qu'ainsi, au lieu de chasser du temple l'idole qui le peine, il ne fait que la

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