‹ La libertéChapitre 93 sur 106 · le»* Elssaif fin ; 3® E^saiy introd · texte numérisé non relu

le»* Elssaif fin ; 3® E^saiy introd

multiplier. Il n'a peut-être pas remarqué qu'en mettant dans chaque phénomène un représentant et un représenté, il n'aboutit qu'à diviser en un nombre incalculable d'éléments l'Être infini de Schelling: ce qui n'est qu'un assez mince progrès. Mais passons et suivons le développement de sa pensée.

Jusqu'à M. Renouvier, phénoménisme et déternisme sont une seule et même chose. Il change tout cela. Autant il apporte d'ardeur à supprimer la substance, autant il en met à défendre la liberté ; et c'est en ce point que consiste principalement l'originalité de son effort. On a placé dans la substance la racine du libre arbitre, et l'on a donné dans le piège du spinozisme. Il est temps de revenir de cette erreur; pour ménager un abrisûr à liberté, il faut établir l'indépendance radicale des phénomènes. Montrons comment M. Renouvier expose cette curieuse idée. Sa thèse se résume aux deux propositions suivantes: i^ D'une part, la liberté est une nécessité morale ; 2® d'autre part, le concept de liberté n'a rien de contradictoire ; bien plus, la nécessité ne se comprend qu'autant qu'on l'admet.

La liberté, il est vrai, n'est pas susceptible d'une démonstration rigoureuse. D'abord, la conscience ne l'atteste ni en elle-même ni dans ce rayonnement d'elle-même à travers l'organisme, qu'on appelle l'effort musculaire. En premier lieu, le témoignage de la conscience ne prouve pas la liberté de nos volitions. En effet, il y a deux manières d'envisager ce témoignage. On peut le considérer à l'état direct ou à l'état indirect, comme donnée empirique ou comme donnée réfléchie. Dans le premier cas, « s'il est pris comme donnée empirique, il est constant, mais ne pose rien en dehors de sa propre existence et n'a pas de garants de son infaillibilité » ; dans le second cas, « s'il traverse la réflexion, il est variable » ^ : les uns croient à sa valeur, les autres la nient. Ainsi le témoignage

de la conscience non interprêté n'affirme que luimême; interprêté, il devient contesté et par là même contestable. Si l'on se rabat sur le sentiment de l'effort musculaire, on donne plus de corps au témoignage de la conscience, on le rend plus saisissable ; mais on ne réussit pas mieux à mettre sa valeur à l'abri du doute. Que se passe-t-il, en effet, lorsque j'essaie, par exemple, de mouvoir mon

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