Essai, j t. Il, XII
:Hi LA LIBEHTÉ
antécédents, pourquoi les actes de la volonté lui resteraient-il soumis? Le charme de la nécessité, luie fois rompu, peut l'être partout et toujours. Que faut-il penser maintenant de la causalité scientifique ? La rigueur qu'elle semble impliquer se trouve d'être illusoire, puisqu'il y a des phénomènes qui n'ont pas besoin d'antécédent pour se produire. Mais il n'est pas nécessaire (l'aller si loin pour ménager un asile à la liberté clans le tourbillon des phénomènes mécaniques. « La liberté ne demande point une table rase. Elle modifie seulement ce qui est donné, comme ce qui est donné modifie la sphère où elle s'exerce » ^. Nous avons déjà vu qu'au dedans la liberté a ses lois : elle procède de la représentation, elle oscille entre le motif et la passion, dont l'influence respective tient au caractère lui-même. Quand la liberté passe au dehors, dans l'organisme d'abord, puis par l'organisme dans le monde extérieur, elle y trouve aussi des conditions qui tendent à limiter son exercice. C'est une exagération de dire que tout est déterminé; c'en est une autre d'affirmer qu'il n'y a que de l'indéterminé: la vérité se tient au milieu de ces extrô-