‹ La liberté commerciale et les résultats du traité de commerce de 1860Chapitre 16 sur 48 · ÔGÔ · texte numérisé non relu

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En 1808, l’Europe entière, suivant le calcul de M. Héron de Villefosse, ne produisait que 825,000 tonnes de fonte : nous avons dépassé ce chiffre en France.

' Depuis 1859, la production de la fonte et du fer a progressé comme il suit :

Les chiffres jusques et y compris l’année 1804 sont ceux des relevés ofliciols. Les chiffres de 1865 et 1860 résultent d’une évaluation approximative, qui ne saurait s'éloigner beaucoup du compte définitif. Le fait le plus notable est qu’en dix ans, de 1857 l\ 1866, la diminuiion a été de 162.000 tonnes sur la fonte au bois, tandis que le progrès pour la foule au combustible minéral seul, ou mélangé de combustible végétal, s’est élevé à 420.000 tonnes.

Dans le même intervalle, la diminution a été d’environ 25,000 tonnes sur le fer au bois, tandis que la pruducliou du fer a la houille augmentait de 276.000 tonnes.

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Or nous venons de le montrer, les nécessités d’une lutte de géants, en les exagérant outre mesure, ne demanderaient pas 30,000 tonnes de fer : ce n’est pas le vingtième de ce que nous sommes assurés de produire. — Des prédictions sinistres nous menacent de la perte du tiers de nos usines, par suite du traité avec l’Angleterre. Nous sommes loin d’admettre une pareille éventualité : avec le droit de 70 francs, appliqué jusqu’en 1864, et un droit de 60 francs plus tard, une très-faible partie de nos établissements mal situés, mal exploités, suivant des méthodes arriérées, devra ou s’arrêter ou se transformer. — Ces traînards de la production, disons-le à l’honneur de notre industrie métallurgique, ne forment qu’une exception restreinte.

Néanmoins, puisqu’il s’agit d’un intérêt aussi puissant que celui de la défense du pays, ne reculons pas devant les exagérations pessimistes, comme nous n’avons pas reculé devant les exagérations de la quotité du fer nécessaire h nos armements. Admettons, pour un moment, que des craintes excessives se justifient et que notre production métallurgique décline d’un tiers*, nous aurons encore un chiffre de plus de 500,000 tonnes de fonte, de plus de 300,000 tonnes de fer, le quintuple de ce que nous possédions sous le premier empire , au delè du décuple de ce que pourraient absorber les besoins les plus immodérés • delà défense naiionale. Nous devons être rassurés.

‘ Au lieu lie iliniinuer d’un tiers, elle a auginciilé dans une proportion correspondante.

Nous venons d’indiquer le chiffre de notre production de fer; il sera utile de mettre en regard celui des autres Etats, en commençant par l’Angleterre.

En 1740, tout le travail du fer s’y faisait encore au bois, et la production ne dépassait pas 17,500 tonnes. L’Angleterre importait du fer au lieu d’en envoyer au dehors.- Déjà au commencement du dix-septième siècle, en 1619, une patente avait été prise par lord Dudley, à la suite d’essais tentés pour traiter le fer au ctiarbon de pierre; mais cette innovation ne fut pas d’abord suivie de succès. L’application pratique de la houille ne date guère que de 1760. Un siècle nous sépare à peine de cette grande amélioration, qui devait contribuer à multiplier d’une manière rapide les forces de l’industrie. Nous voyons immédiatement les quantités de la production du fer se relever, monter d’abord au moyen d’une progression assez lente, et bientôt d’un pas accéléré. En 1788, l’on obtenait déjà 62,000 tonnes. — A la fin du dix-huitième siècle, outre l’application de la houille au traitement du fer, une autre révolution bâta singulièrement le développement de l’industrie : c’est la machine à vapeur.

En 1796, l’enquête entreprise par l’ordre de Pitt, premier ministre, permit à l’Angleterre de se rendre compte, d’une manière plus exacte, de la production du fer. Elle était alors de 124,000 tonnes. Elle s’éle-. vait, en 1802, à 170,000 tonnes (de fonte);

En 1800, l'i 2^J0.000 loimcs; Kn 182';, à .‘iSl.OOÜ loimes;

En 1823, à 442 000 - 1:11 1828. ft 702.000 —

LES FERS

C’était déjà une quantité très-considérable. En 1830, une crise légère (il en survient dans toute industrie) réduisit ce chiffre à 653,000 tonnes; mais, depuis, le progrès ne fut plus enrayé et marcha pro-

digieusement.

En 1836,

la production

s’éleva à

1,000,000 de tonnes.

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