‹ La liberté commerciale et les résultats du traité de commerce de 1860Chapitre 25 sur 48 · TRAITÉ DE METHUEN. — TRAITÉ DE · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE METHUEN. — TRAITÉ DE

l’irlande.

16 janvier 1847.

Les adversaires d’une réforme douanière, destinée à nous rapprocher progressivement de la liberté commerciale, ne manquent jamais d’appeler à leur aide le témoignage du passé; ils mettent en avant deux conventions commerciales dont ils interprètent à leur guise les conséquences.

Le bagage historique des prohibitionnistes est léger; tout se borne au traité de Methuen, conclu en 1703 entre l’Angleterre et le Portugal, et au traité de 1786, passé entre l’Angleterre et la France : on ne manquera pas de reconnaître, après une étude quelque peu attentive, que la qualité des arguments puisés dans ces deux mesures est loin de suppléer à la quantité fort restreinte des précédents invoqués par nos contradicteurs.

Ceux-ci, afin d’accroître une richesse équivoque, ont accusé aussi, dans ces derniers temps, le libre échange d’avoir causé la misère de l’Irlande, depuis la réunion de ce pays à l’Angleterre. Aujourd’hui, chaque défen-

seur de la prohibition affirme d’un ton superbe que l’épreuve des effets funestes de la liberté commerciale est acquise à l’histoire; les exemples ne manquent pas :

Il en est jusqu’à trois que je pourrais compler.

Etudions rapidement, mais sans rien omettre d’essentiel, cette curieuse trilogie. Elle nous édifiera sur les prétentions superbes ^'exactitude et de connaissances pratiques affichées dans le camp des défenseurs obstinés de notre système douanier.

Leur arme la mieux aiguisée, celle qu’ils retirent avec le plus de confiance de leur mince arsenal, c’est le traité de Methuen, dont le nom a été emprunté au diplomate anglais chargé de le négocier. Nous l’examinerons en premier lieü ; Tordre des dates nous impose d’ailleurs ce devoir.

La teneur de ce fameux traité se borne à deux articles; Tun autorise Tentrée en Portugal des draps et autres étoffes de laines; Tautre promet un traitement favorisé aux vins du Portugal, qui devaient payer en Angleterre un tiers de droit de douane de moins que les vins français.

A prendre les choses au pire, le traité de Methuen aurait donc détruit les manufactures de laines du Portugal, en favorisant la culture des vignobles. Si les autres fabriques de ce pays ont dépéri, si Tâgriculture a rétrogradé, si la misère a succédé à l’opulence, il faut en chercher ailleurs les causes.

La splendeur du Portugal n’a pas attendu, pour dé-

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