‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 17 sur 103 · Voir son Exposé des motifs · texte numérisé non relu

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à leor intelligence et à leur caractère. <r Les Français régénérés, s'écriait Ton d'eux ^, ne consentiront jamais à labourer la terre pour payer de pareilles gens. > Du moins, avaient-ils le mérite de retrouver l'inspiration de la démocratie, et de vouloir remplir ses vœux et les promesses désormais inscrites dans la Constitution de 1793 : «r L'instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique et mettre l'instruction à la portée de tous*. »

Calculant leurs ressources et ne cherchant à réaliser que ce qui était réalisable, ils rejetaient résolument la création d'un enseignement d*État « qui eût, dit Edme Petit, coûté 200 millions ». Ils ajournaient le plan de Condorcet ce trop pénible et trop dispendieux » au jugement de Thibaudeau'. Et par économie, non par système, en gens pressés d'aboutir mais qui calculaient, ils firent appel comme certains Constituants à l'industrie privée, invitèrent les maîtres à se présenter et à exercer librement leur profession sans privilège

1. Edme Petit, député de TAisne : voir son rapport (Guillaume, ouvr. cité, 111, p. 110.)

2. Constitution du ^4 Juin 479S : Déclaration des Droits, art. 22.

3. Opinion de Thibaudeau (Guillaume. Ibid. III, p. 105 à 107}.

pour aucun y sans condition de capacité pour personne : appel à des fournisseurs tout simplement, sans nulle intention de fonder un libre régime de conscience ou d'opinion. Ils adoptèrent avec enthousiasme le projet Bouquier parce qu'il était « simple, facile, économique », qu'il dispensait la Convention de trop grands sacrifices et promettait au meilleur compte l'instruction nationale, avec des leçons républicaines capables d e € garantir l'opinion publique des erreurs et des mensonges ».

En somme , s'ils proclamaient la liberté, ce n'était pour permettre ni aux maîtres la propa gande de leurs idées, ni aux familles l'éducation de leurs enfants ; selon Danton et Charlier, « les enfants appartiennent d'abord à la République et doivent sucer le lait républicain ». Afin seulement de satisfaire les besoins de la nation en ménageant les ressources de l'État, le décret du 19 frimaire fit une loi des procédés indiqués déjà à la Constituante. Procédé et non doctrine : la doctrine, en matière d'enseignement, c'est le droit de tous les citoyens à la sollicitude de l'État, celui qu'avait réclamé la nation depuis 1739, et que pour ce motif la Convention inscrivit dans la Déclaration des Droits de 1793.

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Les aotears da décret ne se sont d'ailleurs pas fait illasioa sur la valear du procédé : Tindustrie privée, dont la France ne se louait pas sous rancien régime, ne sera poor elle encore qu'une demi'Satisfaction. Ils le savent et Tout dit : « Ce serait se tromper que de croire que nous pourrons établir tout de suite une instruction parfaite : c'est à l'esprit de liberté, à l'expérience, à l'émulation à la perfectionner*. » Aussi, en votant le projet Bouquier, les Conventionnels ontils cherché un remède à l'insuffisance du procédé qu'ils adoptaient : un salaire d'État proportionnel à la tâche remplie, capable peut-être de solliciter et d'aider les vocations pédagogiques. Mais, comme ce salaire leur parut encore menaçant pour les finances publiques, ils firent un choix entre les écoles, laissèrent l'enseignement secondaire aux hasards des efforts particuliers, et ne promirent la prime qu'aux instituteurs primaires : « Ne dites pas que nous sommes des Vandales : les Grecs n'ont jamais eu d'écoles publiques. Là Grèce ne salaria jamais l'instruction », s'écriait Tnibaudeau, indigné qu'on prît leur syslènce général d'économie, et surtout

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