CHAPITRE I*' napoléon: autorisation bt monopole
Qaaud on veat par l'histoire établir les bienfait^ et la nécessité de la liberté d'enseignement, il est d'asage courant de rappeler, en manière de contraste, le régime d'instruction, le monopole créé par Napoléon, les institutions de la dictature. C'est l'ivresse de l'ilote dégradé par la servitude du vice que Ton montre aux citoyens comme une leçon de liberté et de vertu.
Il n'y a qu'un malheur, c'est qu'on fausse l'histoire pour en dégager celte leçon. Dans l'œuvre d'enseignement que fit Napoléon, tout ne fut pas monopole, ni méfait prémédité contre la liberté intellectuelle. Le régime scolaire du Consulat ne fat point celui de l'Empire. J. Simon a pu écrire : a Napoléon a fait deux choses, Tune admirable,
des écoles; l'autre excessive, le monopole*. » Ce fut la première qu'il fit d'abord , il ne faudrait pas l'oublier.
Le Consulat était à peine constitué et consacré par les victoires d'Italie que Bonaparte prescrivait à son ministre de l'Intérieur, Chaptal et à i^e&préfets une enquête sur la situation de l'instruction. Cette enquête* prouva que, même après cinq ans d'un régime fondé comme l'ancien régime scolaire sur la libre industrie des particuliers et les efforts de l'Église enseignante, le pays avait toujours le plus pressant besoin d'écoles. La France, alors, trouva un gouvernement décidé à lui en donner, c II est impossible, dit Bonaparte de rester plus longtemps comme on est^. » Et dès l'année suivante, le 7 floréal an X {[^^ mai 1802), il faisait adopter par les Chambres le plan préparé par Fourcroy d'un enseignement secondaire national, des lycées d'État, assurés cette fois mieu^ que les Écoles centrales, d'élèves, d'un budget et de maîtres suffisants, c Ceux qui croient que le Gouvernement doit offrir à tous