Lamennais, De V Université Impériale
. Entre ces deux modes d'enseignement d*État, il y a la môme distinction fondamentale à faire, et rarement observée^ qu'entre les deux systèmes appliqués par la Révolution à la liberté des études. L'un a pour objet l'organisation pratique des écoles, et le succès de celles que le Gouvernement ofifre aux Français, comme la liberté était pour Talleyrand et Mirabeau le moyen de leur procurer' tout de suite l'enseignement nécessaire. L'autre a sa fin dans la grandeur de l'Etat, sa puissance intime et extérieure^ comme dans le système de Gondorcet la liberté de la pensée et l'indépendance de la famille devaient fonder la grandeur de la nation et des vertus françaises. D'une part, le principe d'une éducation impériale, destinée comme le Code civil à la fusion des Français entre eux, à l'absorption des peuples nouvellement entrés dans Tunité française^ le programme de la nation et des Constituants ; de l'autre, l'organisation matérielle d'un grand service d'instruction qui laisse place aux initiatives particulières et au droit des familles, le programme de l'an IV, de Lakanal et de Daunou.
En ces quinze années de dictature, les Français avaient d'abord commencé par obtenir da conquérant ce qu'ils avaient sollicité de
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lenr roi légitime, des écoles pour leurs enfants. Mais an moment où leur vœu se réalisa, la politique du conquérant fit servir ces écoles et leurs maîtres à ses desseins plus qu'à la nation. L'histoire montra alors qu'un enseignement d'État pouvait, comme la liberté d'enseignement, signifier des choses très différentes : une entreprise par l'État ou le monopole pour l'État.