‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 32 sur 103 · LA GUERRE A L'UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

LA GUERRE A L'UNIVERSITÉ

La chute du conquérant et l'efifondrement de TEmpire auraient dû logiquement entraîner la ruine de TUniversité, cette fille aînée de Bona* partes créée pour la conquête, condamnée par la défaite. « Il n'y a aucun motif pour conserver rUniversité, son arrêt est prononcé 9, écrivait Lamennais ^ qui n'attendit pas deux mois pour commencer contre l'enseignement d'Etat une campagne poursuivie sans trêve pendant quarante ans par lui et par ses disciples.

Ce n'était pas une raison d'ailleurs^ si Ton condamnait l'Université» pour proscrire toute instruction publique, pour reprendre aux Français ce bienfait d'une organisation scolaire qu'ils avaient longtemps désiré et qu'avec les maîtres formés par l'École normale, ils avaient eu déjà le temps d'apprécier. On pouvait abolir le régime

1. CTest le titre d'un pamphlet de 1814 « Be la fille légitime de Bonaparte^ l'Université ci^devant impériale et royale^.

2* De rUniversité Impériale, 1814, « de toutes les concep- Uons de Bonaparte la plus effroyable ».

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de 1808 et conserver l'œavre de 1802. Il fallait seulement les distingoer. Les adversaires des institutions modernes, trop henrenz de pouvoir oonfondre le bien avec le mal, et de condamner le progrès par les excès, s'en gardèrent bien.

n faut à son point de départ même saisir cette tactique ; elle a en grande partie dominé, depuis Lamennais, toutes les luttes du dernier siècle contre renseignement de l*État. Si, dénonçant les abus du monopole, le culte politique, les dîmes et les privilèges de la congrégation de 1808, l'abbé flétrissait les lycées de l'État, leur immoralité, le défaut de conscience et de dévouement des maîtres salariés, c'était dans le dessein avoué de revenir à Tancien régime, « à Tindustrie privée créant des établissements nombreux dont l'émolation garantirait la bonté, placés soas la surveillance des évéqnes, juges naturels des mœurs et de la doctrine^ ». La loi Falloux est venue de là directement.

Contre l'instruction nationale, confondue à dessein avec le régime du monopole et du privilège, ce parti de Contre-révolution a aussitôt employé tous les arguments de la Révolution indistincte*^

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