Sssai sur V Instruction puMique, p
LE XIX* SIÈGLK .* LA OUBRRB Â L^UNIVERSITÉ 95
d'ios fraction nationale qai ne fût pas au service d'aue doctrine politique, ou d'un culte royal.
Certes, cette œuvre , les doctrinaires la voulaient poursuivre et fixer : aux lycées de TEmpire, ils devaient ajouter de nouveaux collèges royaux, et surtout dès 1816 ils songèrent à créer ces écoles primaires publiques que Guizot constitua en 1833, et que Napoléon ou ses ministres avaient de parti pris négligées. C'est leur honneur d'être par là restés fidèles au programme formulé par la nation en 1789; c'est aussi leur excuse, si l'on veut pour la faute essentielle qu'ils ont commise, historiens, philosophes et penseurs, de compromettre cette œuvre de progrès intellectuel par les calculs politiques de l'esprit de conquête. Par cette prétention à se saisir, comme Napoléon, de l'éducation de la jeunesse, ils ont créé définitivement entre le monopole, le privilège et les prérogatives légitimes de l'État enseignant la confusion la plus favorable aux desseins de la Contre-révolution : « Il lui fut plus aisé, écrivait Cournol, de déclamer contre le monopole d'un corps que contre une prérogative de l'Etat, et de ruiner l'une par l'autre *. »
1. Coupnot, De VÉducation et de VInstruction, Paris, 1864, p. 286.
Alors, en effet, commença, sans trêve, par un article encore de Lamennais, para en 1818 dans le Conservateur, journal des ultra- royalistes , applaudi de Chateaubriand i cette campagne qui eut, avec un seul argument, la liberté, pour objet unique la ruine de l'Instruction nationale par la haine du monopole, de cette < Université unissant le vice de la démocratie à celui du despotisme^ ».
Ce n'est jamais sans surprise qu'on revient au spectacle de la première phase de ce combat célèbre, où des royalistes comme Chateaubriand et son ami Marcellus attaquèrent avec tant d'àpreté des écoles consacrées au culte de la monarchie. On entendait Lamennais accuser en 1818 six cents prêtres, professeurs admis alors dans l'Université et les abbés recteurs de dix-sept académies, par des arguments empruntés à la Révolution, de faire vieillir « la France dans une éternelle enfande », d'obliger les familles « à prostituer Tâme de leurs enfants ». Il semble pourtant que ^cette Université ne fût pas très loin de réaliser l'idéal que Lamennais proposait dans son
ZcDroirdulZ^^ ^^*^ ?"?^''^ "'î ^P"scule de Lamennais,
P. 3S7 - Dans 7^^!^^ (Œuvres, t. VI
ïrouvm les article^r^^^^^^^^ 'T^ '' P' '^ ^^ 207-300, on ic» amcies de Chateaubriand et Lamennais.