Ibidem
1*22 LA LIBERTÉ d'eNSBIQNBMENT
pas une loi de principe que cette loi de liberté, dontFobjet était de mettre Tinstruction au service d'une doctrine et d'une certaine société, d'employer le budget de TÉtat concurremment avec les industries particulières à favoriser la propagande de certaines croyances religieuses, à combattre la propagande des autres.
Qu'était-ce donc? Dès cette époque, le mot de conciliation^ plus tard repris et généralisé*, a été prononcé. C'était un concordat, et par conséquent un partage. La Révolution n'en avait jamais eu l'idée, n'ayant en face d'elle ni d'Eglise, ni de parti catholique. Et quand l'une et l'autre s'étaient reconstitués, en 1796, par la liberté des cultes, on avait vu commencer une lutte plutôt favorable aux catholiques, dont la monarchie de Juillet voulait éviter le retour. Au lieu de se combattre, ne valait-il pas mieux s'entendre ?
Aux catholiques Guizot abandonna l'instruction primaire, avec la liberté de développer leurs écoles, la certitude de trouver dans tous les instituteurs publics des auxiliaires obligés de
1. Discours du 15 mars 1837 : « Le rôle de l'opposition est commode : le Gouvernement est obligé de penser aux intérêts contraires, de concilier ces Méréts, de les faire vivre ensemble. C'est ce que nous avons fait dans le projet de loi qui vous est soumis. (Guizot, Mémoires, t. lll, p. 108.)
leur propagande. De Técole élémentaire réclamée par la oation, encouragée par l'État il ne devait pas dire ce qu'en 1836 il disait des collèges : « Le triomphe des établissements publics est nécessaire à l'intérêt de la société. * » A TEglise il livrait à la fois la liberté d'enseignement et les écoles d'État.
Mais il réservait au Gouvernement les études secondaires, cette « œuvre de l'Empire, grande et belle création, demeurée forte en dépit de toutes lés attaques, bonne en principe et conforme aux besoins permanents et à la tendance naturelle du pays ». L'Université dont il abandonnait les privilèges et le monopole sur l'école primaire, il entendait la maintenir « avec ses collèges royaux et communaux, ses institutions et ses pensions, tout ce vaste ensemble d'établissements d'État coordonnés entre eux, correspondant à tous les degrés de l'instruction secondaire, régis par des lois et des autorités savamment combinées. »
Car, il fallait conserver à l'État l'éducation de la classe moyenne, « qui n'est pas la société tout entière mais qui la représente et en forme l'élément vital, pour déposer dans les