Thupeau-Dangin, Monarchie de Juillet^ t. Il, p
Concordat gardait en réserve ses articles organiques. Après l'école primaire, ils rêvaient la conquête de l'école secondaire ; toujours par le même moyen , la liberté d'enseignement. Ils étaient sûrs de retrouver pour alliés les libéraux qui les avaient aidés à détruire les droits de l'Uaîversité sur l'école primaire et qui, n'ayant rien obtenu, continuaient leurs attaques ^ Conduits par Montalembert et Lacordaire, dont l'initiative en partie victorieuse avait accru rautorilé, ils commencèrent la propagande par le fait, s'entendirent avec les congrégations pour ouvrir quelques collèges, firent passer leurs enfants des maisons d'Etat dans les séminaires, accusèrent d'impiété et d'athéisme les collèges royaux, Guizot ne tarda pas eu 1835, après deux ans d'une trêve procurée par la loi sur l'école primaire, à constater que le partage avait mis en goût les catholiques et ne les avait point , comme il l'espérait, désarmés. Moralement ses déclarations et ses actes de 1833 Tobligeaient à de nouvelles concessions réclamées au nom de la liberté d'enseignement : il étudia, vers la fia de 1835, la revision de son traité avec le parti ca-
1. Weill, te Parti républicain et VEmeignenenî. (Revue Internat, de l'Enseignement, 15 janvier 1899.)
tholique : « Nous ne redoutons pas la liberté d'enseignement, avait-il dit, nous la provoquons ^ » [1 s'aperçut vite qu'elle n'avait pas besoin de provocations, jugea qu'il fallait se hâter de lui faire sa part, une nouvelle part : « L'amélioration respectueuse de ce qui existe, dit-il, en janvier 1836, devant la Chambre à qui il apportait un projet de loi sur renseignement secondaire, est parmi nous la plus hardie comme la plus utile des innovations *. » Défenseur obstiné du droit de l'État sur les écoles secondaires, contre les par. tisans d'une réforme radicale fatale à l'Université, il s'efforça de sauver de cette institution indispensable à sa politique tout ce qu'il espérait conserver. Dans celte discussion et plus tard, l'aveu devait pourtant lui échapper, le regret d'une faute capitale commise : < Les promesse s de la Charte n'avaient-elles pas été accomplies plus vite qu'il ne fallait^? » Le repentir de Guizot, son inquiétude sont d'autant plus signifl catifs que sa nature hautaine et dogmatique était
1. Guizot, Mémoires, t. III, p. 100. — Leroy-Beaulieu, les Catholiques libéraux, V Église et le Libéralisme depuis 4830. 1885, p. 100 à 120.
2. Sxposédes motifs. {Arch. Parlent. A* C, p. 86.) —Guizot, Mémoires, t. 111, p. 466.