Laboulaye, De la Liberté d'Enseignement, Paris. Larose
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besoin d'être formulé, dans la liberté religieuse et la liberté d'opinion. Et Ton peut citer, en effet, soit Mirabeau, soit l'auteur du travail publié sous son nom par Cabauis : c Tout homme a le droit d'enseigner ce qu'il sait, et même ce qu'il ne sait pas. La société ne peut garantir les particuliers des fourberies de l'ignorance que par des moyens généraux qui ne lèsent pas la liberté*. » — « Tout privilège, disait à la même époque Talleyrand, est par sa nature odieux ; un privilège en matière d'instruction serait plus odieux et plus absurde encore*. » — « Aucun pouvoir public, concluait Condorcel, ne doit avoir ni l'autorité ni même le crédit d'empêcher le développement des vérités nouvelles, l'enseignement des théories contraires à sa politique ou à ses intérêts momentanés^. » Et la Convention n'était-elle pas fidèle à celte doctrine, quand, le 29 frimaire an II, elle adopta le décret qui, pour la première fois et jusqu'à la fin de la Révolution, proclamait la liberté d'en-
1. Le texte au complet dans les Archives parlementaires^ t. XXX, p. 512.