IHd,, p
142 LA LIBERTÉ D*ENSSIQNBMENT
élevés pour les particuliers que pour les professeurs d'État et l'équivalence du stage avec ces grades .
Ils luttèrent jusqu'à la dernière b^ure pour refuser la condition essentielle que l'abbé Dapanloup avait dès le début mise aux sacrifices de son parti, l'accès des congrégations à renseignement secondaire. < Sans elles, avouait Mon* talembert, nous serions impuissants. » Il n'y avait qu'un budget des congrégations qui fût capable de lutter contre le budget public mis au service des maisons d'État. Ce n*était pas ane question de liberté, mais le règlement à l'amiable d'une concurrence qui allait écraser les particuliers au profit de l'État et de l'Église. Les défenseurs des lycées le comprirent et cédèrent *.
Je citerai simplement cette remarque de l'abbé Dupanloup devant la Commission : « Quelles que soient les dispositions de la loi à faire» rÉglise ne faillira pas à sa mission, pourvu qu'on lui laisse la libre concurrence. Elle est assez forte pour maintenir ses établissements contre ceux de l'État. Mais cela n'aura-t-il pas pour efiet d'anéantir les forces des individus
1 . Ce fut tout robjcl dccisif du débat (De Lacombe, p. 253 à
I isolés ? Ma conscience m'aurait reproché de taire ces observations ^ » Il faut croire que la liberté accordée aux congrégations suffit à calmer les scrupules de cet ami de la liberté. En tout cas, elle représentait le prix dont fut payé au parti catholique le salut des maisons et de la hiérarchie universitaires.
Telles furent les bases sur lesquelles s'acheva, d'après la loi du 15 mars 1850, le régime mauguré par Guizot en 1833, consacré et étendu dans ce nouveau Concordat : œuvre de liberté non pas, mais traité de partage entre deux puissances qui, invoquant les principes de la révolution poar s'accorder, mariaient l'ancien Régime et l'Empire. Un traité se juge aux négociations qui l'ont précédé : on vient de les voir.
Il se juge aussi aux conséquences : en 1854, les Écoles secondaires comptaient 109.000 élèves ainsi répartis : 46.000 dans les lycées et collèges de l'État» 42.000 dans les maisons laïques, 21.000 dans les maisons religieuses. En 1898, les Écoles secondaires comptaient en tout 162.000 élèves : l'État, 86 000 ; les maisons religieuses, 67.000; les maisons laïques, à peu près lO.OÔO.