De Lacombc, p
144 LA LIBERTÉ D*SNSEIGNEMBNT
La population scolaire de l'État a doublé : celle des maisons religieuses plus que triplé; celle des maisons laïques a diminué des trois quarts ^ En vertu du régime d'enseignement créé par la monarchie de Juillet, réglé en 1850, désormais la liberté d'enseigner consistait à se faire pro* ' fesseur d'Etat ou d'Église. La liberté des pères de famille fut réduite à un choix entre l'École publique ou l'École catholique .
Il ne resta plus alors qu'une matière d'enseignement à partager, l'instruction supérieure. Cela se fit par un dernier effort du parti catholique qui réclamait ce droit depuis 1844, qui faillit l'obtenir de l'Empire et de G uizot encore le 1*^ mars 1870* et l'obtint le 12 juillet 1875. Ce fut le troisième partage de la Pologne»
accompli comme l'œuvre de Frédéric et de Gathe^ rine II, « au nom de la liberté de conscience ».
L'État garda par les grades la sanction des études supérieures. Mais il admit à la délivrance de ces grades, conjointement avec lui, dans les jurys mixtes et à part égale, les
1. Gérard-Varet, De la Liberté d'Enseignement. [Revue Int, de VSnseignem,^ 15 mars 1902).
2. Grimaud, Histoire de la Liberté d'Enseignement, p. 449. — Liard, Histoire de l'Enseignement supérieur^ t. Il, p. 463et suivantes.
professeurs des Facultés libres, obligées de recruter au moins, pour se constituer, autant de docteurs que les Facultés de TÉtat les moins pourvues, c'est-à-dire des seules capables d'avoir an personnel et une clientèle : on voit aisément lesquelles. VUnivers les désignait d'un mot : « La loi d'enseignement supérieur a été votée ; cinquante voix de majorité se sont prononcées en faveur du droit de l'Église *. » C'est l'aveu anal, auquel il n'y a rien à ajouter.
1 . Univers, 14 Juillet 1875. — Lagrange, Vie de Mgr Dupanr^ loup, t. m, p. 344.