LE XIX® S. : L*ENSEIGNEMBNT DE LA RÉPUBLIQUE
d'existence *, accusèrent encore de leurs malheurs leur ignorance.
Ils confièrent, dès le mois de février 1871, l'instraction publique à J. Simon qui, au début et à la fin de son livre, V École dès 1864 avait écrit : < Quand on démontre au peuple que, sur 100 jeunes gens de vingt ans, en 1862, nous en comptions 27 qui ne savaient pas lire, tandis que sur 100 Prussiens appelés sous les drapeaux il n'y en avait que 3 de complètement illettrés, il commence à être moins fier de Sébastopol et de Solférino. Les familles réclament à grands cris des réformes dans l'enseignement secondaire : la France est à refaire par Y éducation^, » Convaincus de la supériorité du maître d'école et du professeur allemands, plus encore que de la puissance des armées prussiennes, les Français se laissèrent gagner au programme du parti ré[)ublicain, dont le premier article était ainsi formulé par Gambelta, le 20 juin 1871 à Bordeaux ^ : « Ne produire aucune réclamation avant celle-là :
(L'éducation la plus complète de la base au sommet des connaissances humaines. »
1 . Taine, L'ancien régime et la Révolution^ t. l•^ Préface du mois d'août 1875.
2. J. Simon, L'École, 1864, p. 1, 1. 1. - Edit. de 1873. p. 397.
3. Le premier discours que Gambetta ait prononcé après ia guerre.
Il faudrait n*ayoir pas véca ces années de brusque détresse et de lente réparation, pour nier que la France de 1870,- comme celle de 1789, ait attribué surtout ses malheurs à l'insuffisance de ses écoles, attaché ses espérances à la refonte d'une éducation nationale. . ^
Ce fut, ainsi, par la main de Tennemi, Teffondremeot du régime scolaire dans lequel le souci ou le prétexte de la liberté avaient comme toujours fait tort aux écoles elles-mêmes. La nation, une fois de plus, déclara que les initiatives privées ou la propagande des partis et des cultes étaient insuffisantes, dans ce système renouvelé de l'ancien régime, à satisfaire ses besoins légitimes de culture et de progrès. Elle le déclarait, parce que les événements lui donnaient la triste occasion de vérifier les jugements de penseurs, de républicains ou de patriotes autorisés : J. Simon, Renan*, Duruy.
Un jour, Gambetta disait à Bârdoux, ministre de l'Instruction publique : « Prenez les rapports de M. Duruy à l'Empereur et faite8:eB votre Évangile *. » Evangile, certes ! Quand ces rapports parurent à partir de 1863, ils