‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 75 sur 103 · L'Avenir, n« du 17 octobre · texte numérisé non relu

L'Avenir, n« du 17 octobre

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OÙ s'enseignent, dans l'intérêt de la propagande, les doctrines religieuses. Il semble bien que la liberté des cultes implique la faculté poar chaque croyance d'assurer ainsi son recrutement. Alors, pour les fidèles eux-mêmes des écoles chrétiennes, n'est-il pas vrai, aussi bien que des écoles juives ou protestantes? Pourtant, enseigner la religion, propager une croyance et des dogmes parmi des fidèles, ou bien instruire et former des élèves constituent des objets très différents. Au cours des débats du xix.® siècle pour la liberté d'enseignement, la distinction n'a point été assez fortement établie. J. Simon Ta opposée un jour à Montalembert : « Le droit naturel d'enseigner doit exister pour celui qui veut enseigner sa doctrine. Mais ce que vous appelez le droit naturel d'enseigner, c'est le droit naturel d'être professeur : ce droit là, je vous le nie. » Ce jour-là, l'observation d'un philosophe expert en dialectique a empêché que le droit à rÉcoIe fût assimilé, par une Constitution française, à un droit de propagande religieuse^ Les années ont passé, les luttes ont repris, et le parti catholique, fidèle à Targumentation de Lamennais,

a su faire durer une confusion qui la beaucoup servi.

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Peut-être même, cette confusion est-elle à ce point dans l'esprit et la tradition de TÉglise qu'il soit impossible à ses fidèles de la découvrir et de Tavouer. Toute doctrine religieuse contient une explication du monde et de Thumanité, de leur histoire et de leurs fins. Elle n'est pas seulement une foi, mais une science, une science universelle, la science des scieDces, dont les connaissances profanes ne sont que les instruments et les suites. Dans le savoir humain, l'Église a toujours cherché des preuves aux vérités qu'elle révèle, à sa mission, et revendiqué les progrès de la raison, comme une inspiration de ses fondateurs ou un eflet de sa propagande. Elle a eu de tout temps le souci, et elle s'est fait honneur de ses écoles où le profane et le sacré étaient mêlés, à la gloire et pour le triomphe du vrai Dieu. Encore aujourd'hui, elle ne fait que se résigner à l'existence d'autres écoles. « Il serait préférable, écrivait en 1847 l'auteur des Cas de conscience, que la Hberté du bien régnât seule et qu'il n'y eût pas de place pour de mauvais maîtres, des maîtres sans conscience et sans principes religieux. »

Ce fut seulement au xvi® siècle et pour contreréformer qu'à côté des écoles publiques où elle régnait, l'Église commença d'instituer des sémi-

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naires pour Téducatioa spéciale des prêtres, Irop exposés dans les Universités à la contagion de l'hérésie. La société parut désormais un terrain trop dangereux pour qu'on lui confiât la semence du sacerdoce. Gardant d'ailleurs l'espérance de reconquérir ce domaine et les sociétés modernes, d'opérer la contre-révolution, l'Église n'a jamais admis comme un principe la distinction qu'elle avait dû faire avec le temps entre l'école et le séminaire. Mais par la suite, en face d'autres enseignements, plus redoutables à ses yeux que les Universités du xvi® siècle, elle crut bon d'appliquer alors aux fidèles mêmes la méthode employée pour le recrutement de ses prêtres:

elle fit l'école chrétienne. Il n'y a point de différence de l'école chrétienne au séminaire. L'Église leur confie également la semence précieuse des prêtres et des chrétiens pour les protéger de l'erreur par une culture appropriée, un mélange de sciences religieuses et profanes, des maîtres laïques ou non, façonnés à cette tâche. On a eu raison dédire qu'il ne lui suffit pas d'une éducation où la religion ait sa place. Il lui faut une instruction monacale * : et, puisqu'on lui accorde

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