J. Simon, Jéiàerté de conscience^ p
LE DROIT D*ENSBIQNBR 177
la liberté du séminaire, elle réclame des séminaires plus larges pour la jeunesse tout entière* Elle y appelle les moines enseignants.
Très naturellement cette doctrine, après avoir servi la conquête de la liberté au temps de Montalembert^ soutient aujourd'hui ceux qui pour la défendre par une Ligue se proposent d'obtenir pour les écoles privées c le droit de rattacher les matières dinstruction à l'enseignement des relU gions reconnues par VÉtat^ ». Ils demandent des séminaires et en refusent d'ailleurs aux cultes que l'État ne reconnaît pas : singulière façon, entre parenthèses, d'établir que la liberté de conscience est un droit naturel. Voilà cette liberté aussitôt subordonnée aux décrets de la puissance publique sur les cultes 1
La question se ramène donc à savoir si le même droit de conscience, qui autorise les âdèles d'une Église ou d'une congrégation à se réunir dans les temples pour le culte, la prière ou la leçon de leurs chefs spirituels, donne à ces chefs et à leurs ouailles le pouvoir d'instituer des séminaires de fidèles, ou des écoles fondées sur le modèle de séminaires sacerdotaux. Est-ce une manifesta-
1 . Voir rappel de la Ligue de la Liberté d'Enseignement : « Nous demandons le droit, etc. . • »
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tion de la foi que les leçons distribuées par les maîtres de ces Instituts ? Assurément, mais en partie seulement.
L*écoIe sera chrétienne, soit : elle est d'abord une école où l'esprit de l'homme peut et doit acquérir, avec la révélation du dogme, un ensemble de connaissances acquises par les générations antérieures et se former pour en acquérir d'autres, s'il en devient capable. L'élève n'est plus ici seulement le disciple d'une religion, le pécheur ignorant du lac de Capharnaûm que Jésus convertit à l'Évangile : c'est un écolier, de n'importe quel âge, qui vient se pourvoir des éléments nécessaires au développement, des ressources propres à l'expression de la pensée. Cette éducation, chrétienne ou non, de la pensée ne peut échapper aux règles que le droit naturel, un droit égal à celui de la croyance, a prescrites en faveur de la pensée elle-même, à la règle fondamentale posée par Descartes : « Tout connaître et ne rien omettre. » Qui ne voit que le principe même du séminaire est la contradiction foncière de ce droit naturel; celui de l'école chrétienne, aussi comme la règle des couvents à des degrés divers?
Dans tous les cas où la science et les jugements humains s'opposent à la révélation, com-