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LE DROIT D ENSEIGNER

promeltent la mission de TÉglise, encouragent l'hérésie ou le doute^ l'accès du séminaire leur demeure interdit. L'école chrétienne n'a d'autre raison d'être que de se fermer aux vices du siècle, ou à ses erreurs. Elle doit séparer le bon grain, confié à de bons jardiniers, de l'ivraie que l'orgueil humain fait lever dans le sillon voisin. Sa méthode, ce n'est pas celle de Descartes, celle des dénombrements exacts, mais le procédé des mises à l'index et de Tinterdit. Et par là, séminaire ou école deviennent au service de la croyance de redoutables obstacles au droit de penser. Ils le limiteront par la contrainte, l'autorité de maîtres investis sur des écoliers d'une autorité disciplinaire. Ils demeurent, avec ou sans le nom que le langage des ordonnances royales attribuait au xvii* siècle encore aux séminaires, des maisons de correction^ préventives, faut-il Wenvite ajouter pour n'être pas même soupçonné de partialité.

Cette contrainte d'ailleurs, dans la plupart des cas, peut être acceptée par celui qui la subit, l'a- ^alte entraîné par vocation au sacerdoce, le père de l'enfant qui la lui impose pour le salut de son âme, aux dépens de la culture de son esprit. 11 D'en reste pas moins vrai que le droit à l'école

pour les adeptes d'une religion n'est pas, comme ils se rimaginent, un droit naturel, absolument. Si leur croyance implique le droit au catéchisme, à l'enseignement du dogme, leurs maisons d'instruction ne sont pas réglées sur la liberté de penser. Elles sont faites contre la liberté de penser, et, par là, privées des titres qui fondent le droit d'enseigner les connaissances humaines.

C'est en vain que leurs chefs s'eflForcent depuis un siècle d'appuyer, auprès d'une société démocratique, sur les principes essentiellement humains dont elle se réclame, le pouvoir que TÉglise leur donne ou la mission divine qu'elle leur prescrit d'employer la science au service de la foi. Ils n'y ont jusqu'ici réussi, et n'y réussiront encore que par une confusion entre le droit de leur croyance et les droits de la pensée, entre le séminaire et Vécole. Qu'ils réclament, comme un droit, des maisons d'instruction religieuse! Mais qu'ils ne réclament pas des écoles au même titre : « Toute société, écrit Taine, a un statut imposé ou spontané ; sitôt que des hommes i)etits ou grands sont plusieurs et ensemble dans un café, dans un salon, ils y trouvent la charte de l'endroit, une sorte de code qui leur prescrit ou leur interdit tel genre de conduite. De même à l'école*, » Le statut de

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