DE FAMILLE
Considérons maintenant, non plus la matière des leçons dififérentes qui constituent renseignement, mais leur forme, c'est-à-dire Télève à qui cette forme doit être appropriée. Il ne s'agit plus du droit naturel d'enseigner, mais du droit d'apprendre. La Révolution estima que, dans sa première Constitution de 1791, elle avait assez sauvegardé ce droit en assurant à tous les citoyens une instruction élémentaire. Depuis» les débats provoqués par la question d'enseignement ont précisé et étendu cette exigence de la liberté individuelle : le droit d'apprendre auprès des maîtres que l'on veut, et par les méthodes qu'il plaît à l'élève, est devenu pour celui-ci l'un des principaux fondements, peutêtre le principal de ses droits civiques.
Il importe de distinguer ici les catégories d'élèves, comme nous avons distingué les sortes
d'enseignement, et de penser d'abord à l'instruction spéciale aux deux sexes^ parce que la distinction a souvent été faite et qu'elle demeure d ans certains esprits. Peut-on contester la doctrine formulée par Condorcet, à une époque où elle parut plutôt étrange, que les femmes « ayant les mômes droits naturels que les hommes ont donc celui d'obtenir les mêmes facilités pour acquérir les lumières nécessaires pour leur permettre d'exercer réellement ces droits avec une même indépendance et une égale étenduq' > ? L'idée qui^ même après 1789, a longtemps prévalu dans la société française contre ce droit , c'est l'idée des devoirs spéciaux, du rôle prescrit à la femme dans la famille : « Des vertus domestiques, disait Talleyrand *, et des talents utiles dans le gouvernement d'une famille. »
On a fini par comprendre que toute femme ne se marie point, que les obligations de la maternité ou les soucis de l'administration domestique pouvaient se concilier et même se mieux soutenir avec le développement des connaissances féminines, que l'intérêt enfln de la famille devait s'accommoder du droit de la femme à s'ins-