‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 83 sur 103 · Talleyrand, Rapport sur V Instruction publique · texte numérisé non relu

Talleyrand, Rapport sur V Instruction publique

198 LA LIBERTÉ D'BNSEIGNBMBNT

truire. < Comme si leurs âmes, écrirait Tabbé Fleary dès le xvir siècle, étaient d*une autre espèce que celles des hommes ! Comme si elles .n'avaient pas aussi bien une raison à conduire^ une volonté à régler, des passions à combattre, comme s*il leur était plus facile qu'à nous de satisfaire à tous ces devoirs sans rien apprendre*! » Nul individu de l'espèce humaine, pour employer Texpression de Condorcet, ne peut être empêché de former sa. conscience et sa raison. Il peut choisir, homme ou femme, les leçons et la méthode qui lui paraissent les plus appropriées à cette fin. La liberté de conscience cesserait, si ce choix n'était pas libre. La jeune fille est dans une condition spéciale, celle des mineurs que nous examinerons tout à l'heure. La femme dans le mariage, où l'autorité maritale subsiste légalement, pourrait trouver des difficultés, non à s'instruire, mais à choisir ses maîtres comme ses lectures. En fait, par l'influence des mœurs qui, depuis des siècles, efl'açent dans la famille française Varistocratie du sexe^y la femme rencontre rarement des obstacles à l'exercice de ses droits de cons-

Page 1