‹ La liberté d'enseignement: histoire et doctrineChapitre 88 sur 103 · Travail sur r Instruction publique, précédemment cité · texte numérisé non relu

Travail sur r Instruction publique, précédemment cité

alors réglait souveramement le choix des maîtres, et se faisait en 1685 restitaer par la Révocation cette souveraineté, si elle lui échappait, a Les conciles, disait le curé de Saint-Jacques d'Amiens en 1680, ont toujours confirmé ce droit comme faisant partie de la discipline ecclésiastique. » Aujourd'hui que le catholicisme, dans une société tout autre, a perdu ce privilège, à qui alors a-t-il passé : à TÉtat ou à la famille ?

Ici encore, contre la société, garante des droits naturels de chaque homme et de l'enfant particulièrement, autorisée à interdire les actions nuisibles à ses membres et à légiférer pour punir ou prévenir, les parents invoquent un droit naturel encorô, mais le leur. Ne sont-ils pas fondés à dire que Tenfant appartient à la famille d'abord: elle lui a donné la vie. Elle a supporté pendantde longuesannées leschargesde son entretien, et se dévoue à lui parfois jusqu'au dernier sacrifice, du droit de la naissance, de la tendresse et des soins. < Il y a bien des merveilles dans la nature, écrivait Bersot à la fin d'une étude sur le livre consacré par P. Janet à l'éducation de la famille, mais le chef-d'œuvre de la création est encore le cœur d'une mère * . » Quelles ressources

i. Bersot, Qi^stions d'enseignement, p. 130.

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pour le progrès d^aae intelligence dans ce cœur qai suivra et servira l'éveil d*ane âme d'enfant ! Plus d'un grand homme s'en est souvenu et en a porté témoignage? Une telle force de la nature ne créerait-elle pas un droit naturel ?

Il vaut mieux ne pas parler de propriété :

à vrai dire il ne saurait y avoir de propriété sur des êtres, dont on ne doit ni user ni abuser. Les grands dévouements ,les liens du sang ne sauraient la créer : « Il y a des parents, a dit un moraliste, qui élèvent leurs enfants, non pour les enfants même, mais pour eux. J'ai connu des parents qui ne voulaient pas marier leur fille afin de ne pas se séparer d'elle ; d'autres qui ne voulaient pas que leur fils prit tel ou tel métier, (par exemple celui de vétérinaire) parce que ce métier leur déplaisait à eux. Les mômes règles dominaient toute leur conduite envers leurs enfants. C'est l'éducation égoïste ^ » Fût-elle dirigée par un amour qui se trompe d'objet, par les goûts de la famille, ou même ses besoins, l'éducation ne peut être fondée sur un prétendu droit d'employer l'enfant à d'autres fins que lui-même. On dit : ces enfants sont à moi. Sans doute, mais en dépôt, parce qu'ils sont à

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