XVIII. La'liberté d'enseignement dans les écoles publiques
XIX. Les universités. — Indépondancc dont elles doivent jouir. — L'Université de France ; sa période de liberté (1828 à 1846).
408 LA LIBEATÉ D*£\SËIGMEKËNT.
Toutes les libertés forment un chœur harmonieux comme celui des Muses ; toutes [se rattachent aux droits de la famille par la liberté d'enseignement.
La fonction essentielle de la famille et , pour ainsi dire, son unique raison d'être, c'est l'éducation des enfants. Les parents ont le devoir, et par conséquent le droit de diriger comme ils l'entendent le développement physique, intellectuel et moral des créatures humaines auxquelles ils ont donné la vie, sauf à répondre devant Dieu et, dans certains cas, devant les hommes, de l'accomplissement du premier et de l'exercice du second. En confiant à des mains étrangères le soin de compléter leur tâche, ils ne renoncent ni à leur devoir ni à leur droit ; seulement celuici se résume dans le libre choix des maîtres, celui-là dans la surveillance exercée sur eux. Or, le choix n'est vraiment libre que si l'enseignement lui-même jouit d'une entière liberté, si toutes les méthodes, toutes les opinions, tous les systèmes, peuvent se produire au grand jour et se discuter sans entraves. La surveillance, de son côté, n'est efficace que si elle a pour sanction la faculté de remplacer les maîtres contre lesquels on croit avrtr ' de justes sujets de plainte. Or, cette faculté demande évidemment la même latitude que le choix primitif; elle ne s'exerce avec une pleine indépendance que si le champ le plus libre est laissé à toutes les formes d'instruction. Les devoirs, comme les droits de la famille, ont donc pour condition nécessaire la liberté légale de l'enseignement.
Si les parents ont le droit d'élever ou de faire élever leurs enfants à leur gré, c'est seulement en vue d'en faire des hommes, capables de penser et d'agir par eux-mêmes. Cette première éducation, imposée nécessairement au jeune homme, n*est qu'une préparation à celle qu'il se donnera librement à lui-même. Un moment viendra où il aura le devoir de se rendre compte des sensations, des idées, des croyances qui ont donné le pli à son àme, sans la façonner irrévocablement, et, soit qu'il les conserve, soit qu'il les transforme, soit qu'il prétende s'en défaire entière*