PARTIE II. LA RÉVOLUTION
taient leur humiliation et la déchéance de l’Assemblée. Ils
le montrèrent bien plus tard 4 . La réaction fut prompte, puisque, dès le 15 novembre, FAssemblée posait en principe la nullité de toutes les religions 2 , et cinq jours après, la Commune, obligée de se condamner elle-même, proclamait la déchéance de sa nouvelle déesse, en abolissant
née, les êtres raisonnables s’en sont emparés; consacrez leur propriété.
« Chabot. Je convertis en motion la demande des citoyens de Paris, que l’église métropolitaine soit désormais le temple de la Raison. »
La proposition est adoptée.
Romme demande que la déesse de la Raison se place à côté du président.
Chaumette la conduit au bureau. Le président et les secrétaires lui donnent le baiser fraternel. La salle retentit d’applaudissements. >»
a Thuriot. Je demande que la Convention marche en corps, au milieu du peuple, au temple de la Raison, pour y chanter l’hymne à la liberté.»
La proposition est accueillie par des acclamations.
La Convention se mêle avec le peuple, et se met en marche au milieu des transports et des acclamations d’une joie universelle.
4 . Séance de la Convention du 4 8 floréal an ii (7 mai 4794) : « Couthon. On demande l’impression du rapport de Robespierre (sur l’existence de l’Être suprême) et sa distribution à chaque député au nombre de six exemplaires. Je crois que cela ne suffit pas. La Providence a été offensée, et la Convention outragée par des hommes infâmes qui, pour porter le désespoir dans le cœur du juste, proclamaient le matérialisme et niaient l’existence de l’Être suprême. La justice humaine a déjà frappé ces hommes corrupteurs et corrompus; mais la Convention doit plus faire, elle doit frapper leurs abominables principes. Elle a été outragée, calomniée partout; il faut que le rapport soit envoyé aux armées, aux sociétés populaires, qu’il soit placardé dans toutes les rues, traduit dans toutes langues et répandu dans tout l’univers. »
2. Séance de la Convention du 27 brumaire (4 7 novembre 4 793) a Anacharsis Clootz. Il est reconnu que les adversaires de la religion ont bien mérité du genre humain. C’est à ce titre que je demande, pour le premier ecclésiastique abjureur (le curé Meslier), une statue dans le temple de la Raison. »
La Convention rend le décret suivant ; « Anarcbarsis Clootz, député à la Convention, ayant fait hommage d’un de ses ouvrages intitulé : La certitude des preuves du mahométisme , ouvrage qui constate la nullité de toutes les religions, l’Assemblée accepte cet hommage, en ordonne la mention honorable, etc., et renvoie à son Comité d’instruction publique la proposition faite parle même membre, d’élever une statue à Jean Meslier, le premier prêtre qui ait eu le courage et la bonne foi d’abjurer les erreurs religieuses. »
tous les cultes. Ce n’était pas même assez, à ce qu’il paraît, pour apaiser les ressentiments de la Convention et ceux de la foule, on voulait uné rétractation plus formelle. Ghaumette ne la marchanda pas. Il se chargea de détruire lui-même son ouvrage. Que signifie cette palinodie ? Elle prouve, h n’en pas douter, que l’opinion publique s’était prononcée énergiquement, et que les meneurs fanatiques (l’impiété a aussi son fanatisme) dont Chaumette s’était fait l’organe en installant son culte ridicule, n’avaient excité que l’horreur et le mépris. D’une part, la liberté des cultes inscrite solennellement ’ dans la loi ; de l’autre, tous les cultes proscrits et l’athéisme intronisé sous le nom de la déesse Raison : je le demande, est-ce qu’une pareille contradiction, est-ce qu’une pareille oppression pouvait tenir ? Même sous la Terreur, il y* eut contre ces folies une répulsion assez énergique pour obliger la Commune à reculer, et pour donner à la Convention le courage et les moyens de faire cesser le scandale. Chaumette eut l’impudence de parler de sa religion comme s’il n’en avait pas été l’inventeur. « Ne noufe laissons pas entraîner, dit-il *, dans la voie des exagérations où voudraient nous pousser les ennemis de la république. Le décret sur la suppression des cultes (un décret qu’il avait lui-même provoqué) ne peut qu’aigrir les esprits défiants et irriter le fanatisme. L’article 7 de la déclaration des droits garantit expressément le libre exercice des cultes ; l’article 122 de l’acte constitutionnel est ainsi conçu : « La constitution garantit « ù tous les Français la liberté, l’égalité et le libre exerce cice des cultes ; » le souverain lui-même (il parle du peuple) a adopté et consacré cette loi, il ne nous reste qu’à l’exécuter. Je pardonne leurs erreurs aux demi-savants, aux philosophes d’un jour* A mon sens, si le fanatisme
4. Séance du conseil général de la Commune, 8 frimaire an n(28 noV*