‹ La liberté de l'enseignement. --Chapitre 10 sur 86 · NÉCESSITÉ DE LA SÉPARATION · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LA SÉPARATION

Il est arrivé un fait analogue à un de mes amis, qui s'était débarrassé de sa cuisinière parce que celle-ci s'obstinait à lui faire manger des haricots verts, que mon ami a la faiblesse d'exécrer. Or, voici que le premier plat que lui présente la nouvelle est un plat de haricots verts.

— Mais, sacrebleu ! jure mon ami, vous ne vous souvenez donc plus que je ne vous ai prise que pour ne plus manger de haricots verts ?

Elle répondit solennellement :

— J'ai pensé que Monsieur pouvait bien encore en manger maintenant, puisqu'il en mangeait bien du temps de l'autre . . .

Voilà toute notre politique.

Le Fruit mûr.

C'est jeudi que la Chambre nommera la commission chargée d'étudier les projets de séparation des Eglises et de l'Etat.

Il est présumable que la majorité sera favorable à une solution qui sans doute a toujours été bonne, mais qui aujourd'hui est devenue indispensable.

Seule elle mettra fin à l'éternel conflit et tirera l'Etat des embarras oii le fourre un Concordat qui est bien le traité le plus ridicule du monde, puisqu'il force chacun à s'occuper de ce qui ne le regarde pas et prétend faire un total en additionnant deux quantités de nature différente.

Quand j'étais petit, on m'apprenait que si j'additionnais deux pommes et quatre pastilles de chocolat cela ne pouvait faire ni six fruits, ni six bonbons. En additionnant le spirituel et le

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