LES EMBARRAS DE PANURGE
cette tour où dort cette Belle au bois dormant qu'on appelle la liberté, en attendant le beau prince qui la réveillera dans oent ans ; mais je reconnais qu'ils n'essaient pas de tromper, ils nomment les choses par leur nom et ne prétendent pas qu'ils cherchent à consolider ce que réellement ils veulent détruire. Comme lady Macbeth à son mari, ils ont raison de reprocher aux gouvernants d'avoir des velléités, quand il faudrait avoir une volonté.
Et puisque j'en suis au système des comparaisons et qu'à la façon de Sganarelle j'estime qu'une comparaison vaut bien une raison, je comparerais volontiers sur cette question le gouvernement à Panurge, qui ne pouvait se décider au mariage de peur d'être cocu.
Eh ! mon ami, ne te marie point. Mais, si tu te maries, tu sais bien à quoi cela t'expose, et qu'il sied à un philosophe d'en prendre son parti.
Le Dernier Pape.
J'ai eu le plaisir de voir Léon XIII une fois dans ma vie.
C'était à la chapelle Sixtine, le jour de la cérémonie en l'honneur de Pie IX.
La chapelle Sixtine est très petite, oe qui fait que le nombre des invitations aux cérémonies est très restreint et que ces cérémonies ellesmêmes manquent du grandiose qu'elles auraient à Saint-Pierre, oii l'on sait que le pape n'officie plus.
C'en est fait du grand salut, qui se donnait là une fois par an, urhi et orhi, à la ville et au monde.
Obligé de rester debout pendant deux heures dans cette chapelle Sixtine, je crois que j'y aurais perdu ma part de paradis, si je n'avais eu pour me calmer la vue des admirables fresques de Michel- Ange. Quant au pape, je le vis