DOIT-ON LE DIRE
que, dans un salon, tous les invités savent à quoi s'en tenir sur la situation conjugale du maître du logis, ce n'est pas une raison pour en parler tout haut. Une certaine discrétion est de rigueur.
Il y a des gens qui ont une religion et qui veulent que les autres en aient; il y a d'autres gens qui n'en ont pas et qui à aucun prix ne veulent que personne en ait. Il faut bien avouer qu'ils sont aussi tyranniques les uns que les autres. Or, puisqu'il est reconnu impossible d'étouffer la voix de ceux-ci sans immédiatement entendre pérorer ceux-là, que ne les laissons-nous tous exposer leur manière de voir ?
Il y a deux façons d'entendre l'égalité : l'égalité par l'autorité, l'égalité par la liberté. Je n'ai pas besoin de dire celle que je préfère.
XYIII
La Séparation.
Je viens de lire à mon tour le grand article consacré par M. Charles Dupuy à la séparation des Eglises et de l'Etat.
Il ne m'a pas convaincu.
Le grand cheval de bataille de M. Charles Dupuy est celui qui a toujours servi pour empêcher la dénonciation du Concordat. C'est la peur de troubler l'immense majorité de la nation, de poser dans les familles la question religieuse à l'état aigu, etc.^ etc.
J'estime pour ma part que ce qui trouble les consciences et ce qui divise les familles, c'est l'ingérence actuelle de l'Etat dans toutes sortes de choses qui ne le regardent point, telles que l'existence des chapelles libres ou le choix de tel ou tel prêtre pour prêcher le carême ou l'Avent. La liberté serait l'apaisement.
Dans les années de la première République,