‹ La liberté de l'enseignement. --Chapitre 42 sur 86 · COMME BAROCHE · texte numérisé non relu

COMME BAROCHE

Entre autres choses, cette commission signale le danger de laisser une extension trop grande aux frères des écoles chrétiennes, communauté qui rend sans doute des services au peuple, mais qui ne reconnaît d'autres chefs que son supérieur général et son procureur à Rome.

On est heureux de retrouver dans ce compte rendu, en dehors de ce dernier argument, tous ceux qui sont la monnaie courante de la discussion actuelle et qui soulèvent l'indignation des impérialistes impénitents.

Vous y retrouvez par exemple l'argument des deux jeunesses.

« La liberté d'enseignement, disent les ministres impériaux, qui semble consacrer un grand principe d'équité, a cet immense inconvénient de perpétuer dans notre pays, par la diversité de l'éducation donnée à la jeunesse, toutes les divisions sociales et politiques, qui s'effaceraient avec le temps dans l'unité de l'enseignement de l'Etat. Les établissements religieux sont le refuge des enfants appartenant aux familles qui n'adoptent ni les principes de 89, ni le gouvernement impérial. L'instruction qui s'y distribue est conforme à ces regrettables tendances. »

L'alliance du gouvernement impérial et des principes de 89 n'a rien qui puisse étonner ceux qui savent que tout l'art de la politique consiste à tirer d'une chose le contraire de ce qu'elle

renferme. Ce qui résulte de ce passage, c'est l'intention bien arrêtée qu'avait, tout comme nous, l'Empire, de réaliser sous sa houlette le rêve idyllique d'un seul troupeau et d'un seul pasteur.

Et plus loin :

a Les congrégations religieus-es d'hommes visent, en multipliant leurs noviciats et leurs couvents, à remplacer notre clergé séculier, c'està-dire les curés et desservants, qui sortent de nos séminaires, qui sont originaires du pays, et qui reconnaissent la direction de leur évêque, attaché lui-même au pays et à l'empereur par la nationalité et son serment. Or le clergé régulier est tout simplement une milice romaine, secouant le joug de l'ordinaire, n'ayant ni patrie ni personnalité, obéissant, perinde ac cadaver, au gouvernement absolu d'un étranger, supérieur général en résidence à E-ome. »

Ce document, où il y a encore beaucoup de parties intéressantes, est peut-être de nature à toucher les impérialistes plus que les républicains, qui ne se montreront sans doute pas très fiers de s'inspirer de M. Baroche. Cependant il n'est pas probable que les impérialistes viennent à résipiscence. Car ils veulent bien être pour l'Etat contre l'Eglise, quand c'est eux qui sont l'Etat; seulement, ils ne l'entendent plus de même quand l'Etat c'est la République.

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