‹ La liberté de l'enseignement. --Chapitre 54 sur 86 · COLIN-MAILLARD · texte numérisé non relu

COLIN-MAILLARD

qui ne sont pas de mon avis, ou qui paraissent ne plus en être, de vouloir bien constater que mon attitude n'a pas varié.

Elle a toujours été celle d'un homme épris de liberté, et de justice, et qui, fouillant les cités comme Diogène, avec son humble lanterne, n'en a jamais pu trouver nulle part.

XLIY

Les Moutons de Panurge.

Il y a près d'un siècle,^ vers 1808, je crois, M°^® de Staël jug^eait ainsi les Français :

a Un Français s'ennuierait d'être seul de son avis, comme d'être seul dans sa cliambre.

a On aurait tort d'accuser les Français de flatter la puissance par les calculs ordinaires qui inspirent cette flatterie ; ils vont où tout le monde va, disgrâce ou crédit, n'importe ; si quelques-uns se font passer pour la foule, ils sont bien sûrs qu'elle y viendra réellement. On a fait la Révolution de France en 1789, en envoyant un courrier qui, d'un village à l'autre criait : Armez-vous, car le village voisin s'est armé! et tout le monde se trouva levé contre tout le monde, ou plutôt contre personne. Si l'on répandait le bruit que telle manière de voir est universellement reçue, l'on obtiendrait l'unanimité, malgré le sentiment intime de

Page 1