LA VRAIE LIBERTÉ
fessions de médecin et d'avocat. Je suis ce fou. Je trouve très bon que l'Etat diplôme des avocats, des médecins, des professeurs, leur donne son estampille et me les recommande, mais je trouve absolument tyrannique qu'il m'empêche de m'adresser ailleurs, si cela me plaît. Si je veux me faire défendre devant un tribunal par mon chapelier, je veux en avoir le droit, et si je suis mal défendu cela me regarde. Si je veux me faire soigner par mon concierge, c'est encore mon affaire, attendu que c'est moi seul qui pâtirai des remèdes. Et de même, j'entends faire instruire mes enfants comme il me conviendra.
On voit qu'il n'y a rien de commun entre ce que 'nous entendons par la liberté, et la liberté vraie de MM. Ferry et Gambetta. Nous sommes de ceux qui ne reculent devant aucune des conséquences de leurs principes.
YIII
Les Croyances laïques.
La République française, en compagnie de quelques autres feuilles de moindre importance, feint de croire que j'ai demandé à la Chambre de laisser enseigner la polygamie dans les écoles.
J'ai tout simplement, et la Chambre l'a parfaitement compris, voulu montrer le vague de la définition introduite dans la loi. Ce qui m'importait, c'était de prouver, qu'en punissant un enseignement contraire à la morale, à la Constitution et aux lois, le gouvernement se donnait le droit de fermer toutes les écoles qui ne lui conviendraient pas. J'ai été amené à demander ce que c'était que la morale, et les casuistes de la Réjmhliqne française auront, je crois, bien de la peine à me répondre là-dessus.
Il y a, en effet, autant de morales que de pays, autant de morales que de religions, autant de morales que de mœurs. Vérité en deçà