LA VRAIE POLITIQUE
y a sur terre des sociétés, comme la société américaine et la société suisse, qui vivent très bien avec ces libertés-là. Pourquoi donc m'en priverais-je ?
C'est très joli de parler de l'heure du progrès. J'estime, moi, que cette heure sonne, quand on demande à l'horloge de la sonner. Et du moment où une question est soulevée, il faut toujours la résoudre dans le sens le plus libéral.
Yoilà ma politique, elle est claire et nette. On le comprend aisément. Ce qu'on comprend moins, c'est la politique de gens qui se disent libéraux et qui votent constamment contre la liberté, en prétendant que le peuple qui la demande n'est point digne de l'obtenir.
Ces gens-là font de la liberté une singulière amante. Quand elle leur ouvre les bras, ils reculent comme Joseph, de peur d'offenser ce Putiphar qui s'appelle l'Etat. Ces amoureux transis ne sont que des impuissants. Nous qui voulons posséder la belle, nous envoyons Putiphar au diable -et n'avons point envie de passer notre existence aux genoux de nos amours.
Le Clergé laïque,
La première partie du discours de M. Madier de Montjau sur la loi contre la liberté d'enseignement secondaire a été excellente. On ne saurait démontrer avec plus d'éloquence et d'ironie la stupidité de ce projet de loi, dont le résultat est incontestablement le rétablissement déguisé de l'autorisation préalable.
a Le certificat d'aptitude pédagogique, a dit le vieux tribun, c'est je ne sais quel lacet indéfinissable dans lequel on prendra quand et comme on voudra, pour l'arrêter au passage, tout directeur qui fondera un établissement libre. »
La première partie de ce beau discours a été fort applaudie, il faut en excepter le passage relatif aux diplômes d'avocat et de médecin.
Ici, l'argument est pauvre. Yainement M. Madier de Montjau prétend qu'il n'y a pas de com-