‹ La liberté des cultesChapitre 102 sur 116 · N04JVILLRS OBSERVATIONS SUR UN · texte numérisé non relu

N04JVILLRS OBSERVATIONS SUR UN

Si je lésai rapprodiés de quelques prédicateurs et misr sionnaires de nos jours, ce n'est que sous le rapport

de leur position au milieu de leurs contemporains et

des préventions haineuses qui s'amassaient contre eux dans la multitude. Mais songez que, plus les apôtres furent éminents, plus leur parole a de poids ; songef que, s'ils furent inspirés, leurs écrits sopit pour nous la première des règles. Or, ce sont eux qui nous disent iei d'une manière absolue, générale :/J faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Avouez qu^en agissant coht formément à cette maxime, ils se placèrent dans uno position htmainemânt illégale. Ils ont donc, par leur example comme par leurs préceptes, autorisé les hom-? mas de tous les temps à se placer, pour la défense da la vérité,* dans une position humainement illégale^ C'eet l'e^femple iofu'ont suivi nos réformateurs. Ils se 3ont, par leurs premiers efforts, mis en opposition aveo le» puissances établies, quoiqu'ils sussent bien gu'elkê vimnmt de Dieu (1); mais ils savaient aussi que 1^ mensonge et la corruption, même quand ils si^nt sur un trêne, ne viennent point de Dieu ; et ils ont osé §e constituer en état de rébellion ouverte contre lei dépositairee des intérêts public$, qui trahissaient alcx^ ces intévéfê publies. C'est à leur rébellion (puisque veui pa'ayez fourni ce mot) qu'est dû l'établissement, dans notl*^ pays, de cette religion de l'État, au nom de l%r quelle vous invoquez des sévérités contre une rébelliop du mémo genre. Apparemment il n'entrait pas dami leurs vues de priver leurs descendants de la liberté

(1) Épitre aux Romains, Xm, 1.

dont ils avaient si largement usé ; et ils ne prétendaient pas faire de ce temple qu'ils venaient d'i51ever au Dieu de vérité, une prison pour les consciences, une citadelle contre la liberté. Sans avoir compris peut-être toute la théorie de la liberté religieuse, ils la consacrèrent par leurs actes, ils en eurent le sentiment, ils en énoncèrent le principe. Ces sainte-s traditions ne se perdirent pas tout à fait dans la corruption des âges suivants. Leurs doctrines généreuses s'empreignirent jusqy'à ui> certain point dans nos opinions et dans nos mœurs. Nos livres d'enseiguement religieux en conservèi-ent la trace; et vous pouvez Uro, Monsieur, dans le CatécbisBie de l'Église nationale ces paroles qui confirment, que dis-je?qui laissent bien loin derrière elles l'audace des miennes ; « Nous devons être fidèles « aux magistrats, et leur obéir en toutes les choses ojustesetlégilinies(l).» Voyez, Monsieur, ce que c'est «lue de venir à propos. Si je disais aujourd'hui ce qil'Ostervald a pu dire tout à son aise il y a un siècle, jOÙ en serais-je? et que ne feraient pas contre moi les àéposilaires dei intérêts publicê? — Le» choses justes et Ugitimesl Et moi qui veux qu'on obéisse même aux lois injustes, même aux ordres illégitimes! Voyez mes Observations (2). Moi qui ne soustrais à I'oïkissance que les lois immorales et irréligieuses! Si l'op parle de l'ardeur du siècle, de la fougue des thèmes, de l'impatience des systèmes, qu'on ne m'en prenne pas pour exemple. Voilà le vieil Ostervald qui, s'il me lisait, me traiterait de scryile et d'encroûté. (1) OSTBsvAtD, Caléchûme, 11* Parile, secilon XIIJ. (ï ) Page SOt.

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