‹ La liberté des cultesChapitre 103 sur 116 · NÛUVELLRS OBSERVATIONS SUR UN · texte numérisé non relu

NÛUVELLRS OBSERVATIONS SUR UN

Je passe plusieurs des propositions que relève la Gazette, parce qu'elles ne sont que les corollaires ou les développements de la vérité dont je viens de m'00cuper ; comme, par exemple, celle-ci : « Placé entre la « loi de l'homme et la loi suprême de Dieu, tel ci- « toyen peut se souvenir qu'il est Homme , qu'il est « croyant ; » et cette autre : « Il se décide alors pour « celui par qui les rois régnent , etc. » Je m'arrêterai sur quelques autres.

« Tout développement de la liberté est plus ou moins « orageux ; et ceux qui, comme ce noble Polonais, prête fèrent une liberté périlleuse à une servitude tran- « quille , se résignent à ces inconvénients comme à « une nécessité (i). »

Au fond, il n'y a ici qu'un point de fait, que les connaissances historiques du rédacteur le mettent plus en état qu'un autre d'éclaircir. Mais comme le rédacteur feint de voir plus que la simple expression d'un fait dans la phrase que je viens de citer, je me fais un devoir d'expliquer ma pensée. Quand tous les périls seraient dans la liberté, toute la tranquillité dans la servitude , je préférerais encore la liberté ; car la liberté c'est la vie, et la servitude c'est la mort. Mais si l'histoire atteste que l'enfantement de la liberté est ordinairement laborieux et plein d'angoisses , elle atteste également que la liberté , une fois établie , est le seul gage du repos des nations. Comme la liberté est la satisfaction de tous les droits, la liberté c'est l'ordre ; et l'ordre produit la paix. Le meilleur moyen d'étouffer

^1) Voyez page 365.

NOn'EL ARTICLE P

Jan

les murmures, c'est de leur ôter tout prétexte ; le seul moyen de prévenir les révolutions, c'est de les faire. Jamais un peuple n'a demandé plus que ses vrais belins. Et il est si peu disposé à dépasser cette borne , le souvent il reste volonlairenaent en deçà, préférant longtemps un repos désastreux à des troubles qui pourraient améliorer sa situation Mais il faut que d'une lanière ou d'une autre, plus tôt ou plus lard, le droit fasse jour ; et alors vient le temps de ces luttes déploblea, dont on rend la liberté responsable, tandis qu'il udrait en accuser le despotisme.

C'est de révolte en révolte que les sociétés se per- « fectionnent, que la justice règne, que la civilisation s'établit (1).»

Je déclare qu'à prendre cette phrase dans son isolelent, il n'y a qu'un furieux ou un insensé qui ait pu •le dire ; mais je déclare aussi qu'il n'y a point de bonne foi à la présenter dans une solitude qui la rend hideuse. Dans le môoie paragraphe où elle se trouve, je dis que nous devons respect et obéissance même aux lois inijustes ; j'ajoute que ce n'est qu'aux lois immorales , 'irréligieuses, que nous devons désobéir; j'affirme que cette opposition du devoir à la force, du bien au mal , est le principe de vie des sociétés ; et c'est à cette occasion que, d'accord avec l'hisloire, avec le sens commun, je disque « c'est de révolte en révolte, si Ton veut « employer ce mot, que les sociétés se perfectionnent, que « la civilisation s'établit, que la justice règne, que la vi- •irité fleurit (i).» dernier résultat qu'il a plu au critique

(1) Voyc« paef 301,. (î) Page 3eft,

37$) MOUVB^^S OBSBflVATiOf|9 31IR lOT

4'op)Bttre, appareqfimerit p^rod qu'il est d'aœord avûe npus au moins sur ce point.

Rétablir ce passage doit suffire pour dissiper lis pn^ ventiops que pourrait élever eontr3 moi la citation trwr quée qu'en fait la Gfiaette. Toute discus^on uliéi»QUJ^ ne ferait que nous ramener à celle par qù j'ai tmk meucé. Tout nous ramènerait à chercher encore s'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. Que b}^ toir tefois, on voulait disputer sur le mot de révplte que j'di employé, qu'on veuille bien considérer, (çL'dberîi, qu^ j'en fais usage par accpnimodation, entrant dans le J3en9 et dans le point de vue de mon antagoniste; qu*Qn envisage ensuite que, réellement, inévitablement, un homme qui résiste aux lois de son pays (fûtree pour m&ni^ obéir à celle de Dieu) , doit passer pour rebelle, et l'est dans le sens littéral du mot. Je supplie qu'en y réfléchisse , et qu'on ne recule pas devant ua met. Q'autres, avant moi, n'ont pas craint de s'exprimer de mênxe. M, Cousin affirme que «l'accusation inteatée a contre Socrate était fondée , et que Socrate ne s'élève <i tant cemme philosophe que précisément à coiulitiep « d'être coupiable comme citoyen, à prendre ce tiVcQ et a les devoirs qu'il impose dans le sens étroit et selon ff l'esprit de l'antiquité. » Dites, je vous prie, qu'estHoe qui valait mieux, que Socrate fût grand philosophe, w }x)n pitpyen ddkns le sem étroit et selon l'esprit de l'antiquité? Dites, qui honorez-vous, de Seagate ou de ses juges? N'avez-vous jamais, dans vos discours, dans vos écrits, recommandé Socrate comme un noble meiiyr de la vérité , dont il serait glorieux de suivre l'exem-

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pie ? Et oepep4ant , voyez, Socrate lut un piauvais citoyen.

En yaiii voudriez-vous alléguer des différences. Il y en a de grandes entre Socrate et nos sépdratistes ; il n'y en a peint d'essentielles entre leurs positiop^. &0~ crate suivait sa conscience ; nous devons' croire qu'ils suivent la leur; et, quaiit aux magistrats qui les t»(ï^ daQinèreut, s'ils furent faillibles, ceux qui ont fajt lit loi Qontre les séparatistes ne le sont probablement pm ^Boi^. A une grande distance des temps, lors(.|u^ les iMècles ont éteint toutes les passions et dissipé toutes les Jigines, on vojt les choses comme elles ont été, et cûroiîie ^ ne les aurait pas vues si l'on eût été oonlemporain Événements j on trouve évidente la twnté de la ^uae de Socrate ; on est frappé de l'ayeuglewent de ■*e8 concitoyens; on n'en revient pas. S'il étgit doiiné de se transporter daijs l'avenir comme dans Iq passé, qui sait si l'on ne recevrait pas la même impression ^cs évéfietnents auxquels on assiste aujourd'jjui daiis dci dispositions si différentes? Ne nous pressons donc point de déclarer infaillibles ceux qui, d'ailleurs, à tant d'égards, mériteiit notre confiance ; et ne nous hâtons pas de condamner ceux que la loi condamne,

Je ne suis pas de ceux qui ont systématiquenient pia^yaisp opinion des hommes en pouvoir. Je les tiens, gi} général, pour hommes comme tous les aijlres, capable^ des infimes vertus, sujets aux mômes passion^ qqe flous tous, exposés peut-être à quelques tentations de plus ; car cet amour de notre volonté, cette soif de pou- 'giy, pette impatience de contradiction qui nous tien-

g^F. pette

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