NOUVELLES OBSERVATIONS SUR UN
nent tous, trouvent un aliment perfide dans les hautes attributions dont ils sont investis. Je crois, et pourquoi ne le dirais-je pas? qu'ils peuvent, dans certaines occasions , peut-être à leur insu , favoriser telle ou telle force délétère dont le principe est caché dans le sein de la société. Je crois, en rendant justice aux intentions de plusieurs gouvernements, et tout particulièrement de celui que nous avons placé au-dessus de nous, que tout bien ne vient pas du gouvernement, et que le bonheur du peuple peut, en certaines branches, être l'ouvrage du peuple. Je crois que, lorsqu'un principe de mort, ignoré, ou négligemment surveillé, ou même favorisé par l'autorité , se répand chez un peuple, l'opposition qu'il rencontre dans le zèle de quelques individus est un principe de vie destiné à le vaincre. Je ne dis pas que ce principe de vie ne puisse se trouver ailleurs, et aussi dans le gouvernement; et lorsque ce dernier, sourd à des préjugés vieillis, inflexible pour des prétentions injustes, insensible aux clameurs du vulgaire, déracine un abus , répare une injustice , consacre un droit, il se constitue lui-même en état de révolte contre l'erreur populaire, et développe, selon son pouvoir, un principe de vie dans la société qu'il régit.
La Gazette me reproche d'avoir dit que l'ttat n'a point à s'informer du culte. C'est bien fait de relever cette expression comme impropre, mais surtout comme contradictoire avec ce droit de surveillance sur le culte, que j'attribue plus loin au gouvernement. Tout mon écrit repousse l'emploi qu'on voudrait faire contre mon orthodoxie politique de cette expression mal choisie.
FiOL'VEl. AflTICLE SUfl LE9 SEClÂinKS. 381
i poursuivons ; " L'État n'a point à s'informer M. du culte {!), il faut opiwser chaire à chaire, autel à $ autel (2). »
Ne dirait-on pas , en voyant ces deux phrases, irises l'une au commenceraent, l'autre à la fin de la Blffochure, et dont le rédacteur fait une seule phrase, ffque j'invite le gouvernement à opposer chaire à chaire, pautel à autel? Eh bien ! Il n'en est rien. Je dis simplement (voyez le paradoxe !) que le meilleur moyen d'en finir avec les sectaires, ce serait de les attaquer par de 'wnnes raisons, et de défendre contre eux la vérité Evec autant de zèle qu'ils en mettent à défendre l'er- Bur. Tel est le conseil que j'adresse, non au gouvernement, mais aux individus à qui cette entreprise leut convenir. Ce moyen aurait au moins cela de bon ^'il annoncerait dans ceux qui s'en serviraient une îertaine confiance dans la force de la vérité, et qu'on pie pourrait les accuser, comme il arrive trop souvent, (de frapper faute de savoir répondre. A vrai dire, dans i situation où sont les séparatistes, il n'est presque pas possible de les attaquer par des écrits; il semble que ! serait ajouter l'aflliction à l'affligé; on ne veut pas combattre un adversaire qui vous est livré, pour ainsi dire, pieds et poings liés dans l'arène. Voilà peut-éti'e ;ce qui réduit au silence quelques esprits généreux. Eh llien ! qu'ils demandent la liberté du combat, l'égalité ■ des chances ; et alors ils élèvent chaire contre chaire, autel contre autel. Voilà mon hérésie.
La discussion à laquelle je viens de me livrer rendra
(I] VofEE ^ajK 3Se. (3) Vuyu page 306,
381 ^utsiiLBs oBstnvATiend 6ur vti
courte et facile la dernière t)artie de ina tâchej qtil (ton siste à exàtbiner les doctrinee du rédacteur lui4iiéiiie. Il y a du plaisir à le voir résumer ses prôpi'ès éoritâ ; il le fait arec un soin paterri^l et tes précâùtiôriê les plus tendres. Il ne se lacère pets,- il iie se riltltlle pftë^ comtnë il m'a lacéré et mutilé ; il se reproduit tout étttier et avec atnbtir. Ses parbles artistëlnent cbiabitiéês^ hàbiletnent ambiguës, sa période élégante et gt^arCj Sont singuliëredleiit propres à en imposer aux lèoietiffi iftattentifs ou préoccupés. Mais il n'y gagnera rteti i («r frotis voulons introduire dans léfe diseussions de ftéb doctrines une rigUeur qui ôtera, nous Tèspértitis, tout lieu à l'équivoque.
« La conscience, dit-il, est libre ; je ne recthinaiis « poitit à l'autorité le droit de venir s'Ssôedir à mott teyàr tt domestique, pour y empoisonner ma Vie privée, et « y poursuivre mes opinions; »
Jusqu'ici tidus sommes d'accord ; je n'aui'àlS paâ si bien dit, mais je pense la même chose.
a Mais cette liberté finit dès que j'en abuse et qUe ft je in'en sers pour exciter un désordre public. »
Encore ici d'accord ; mais je fais mes réservés : je veUx savoir ce que c'est qu'un disordn publiti
c< Si j'ai l'incontestable droit de porter une épée, je « n'ëi certainement pas le droit de m'en servir* poUr « blesser inës voisins. »
Parfaitement juste; mais il me tarde de dàVdif tfd que c'est que ce dhordre public.
(( Le bonheur d*un peuple est daris la r^le. ii
Assurément j mais avançons.
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« La véritable religioil est dans l'obéissance aux lois « et dans la concorde évangélique. »
Il serait plus exact de dire que l'obéissance nifcr toih et la concorde évangélique sont dans la religion ; iiiaî.'; je n'insiste pas : j'attends l'explication du déxordre publie t
« Si la manifestation d'une opinion trouble Tordre « public, la puissance publique doit intervenir dès « qu'elle aperçoit l'acte qui le bouleverse» et opposel" « le frein d'une police forte à tout désordf-e^ civil ou a religieux. »
Nous voilà toujours dans le même vague ; le mot dé- $ordre est ici expliqué par le mot désordre; ce qui n'est pas fort clair. La théorie de l'auteur reste évidemment incomplète ; et nous pourrions lui laisser le soin de l'achever quand il lui plaira, ai de ces prémisses ttonquées il ne tirait pas une conclusion malheureusement trop complète et trop piositive : c'est que, dans le moment présent, il faut sévir contre les séparatistes. Voilà ce qui nous oblige d'achever la doctrine de l'auteur ; non point pour défendre les individus qui sont l'objet de cette controverse, mais pour établir des principes fixée au moyen desquels on puisse les juger en connaissance découse.
Qu'est-ce qu'un désordre public répressiblo par les
lois? C'est tout acte qui compromet ou qui menace des
droits. Or mon droit [i) est, dans chaque sphère, juste-
(1) M. Vtnel a emprunté les r^dexlons sur It^ ciriciïreilEs Vrais ilrnita, qui cnmniencent Ici, ï ses Nouvellea Observatiima. et en n fill la Noie I <Ig un mémoire en faveur ite la liberté des cultes. Les édi leurs, qiluique ré- Imprliuaiii les Nouvellfs Uliservalions, n'olil pas éra poiiroir m ills|wnMr d'ajouter ce tdorceau connue note au Mémoire, nulvanl rindlcilion lalssiie Vit l-inteur. Vblr fn^e 3«i. XÈiHtean.)