‹ La liberté des cultesChapitre 11 sur 116 · DES CROYANCES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

DES CROYANCES RELIGIEUSES

sens, qui est bien celui que réclame l'étymologie, l'évidence est une chose rare, une qualité qui n'appartient qu'à un nombre borné, à un certain ordre de vérités, et que les vérités les plus importantes à l'homme ne présentent pas. Ce n'est pas ici le lieu de justifier la conduite de la Providence, qui semble avoir voulu revêtir les vérités indifférentes d'un caractère plus frappant que les vérités les plus intéressantes pour notre nature ; ou peut-être de rechercher si, en conservant tous ces sens admirables et cette raison, par on l'évidence se rend sensible, nous n'avons pas perdu un organe infiniment précieux au moyen duquel d'autres vérités revêtaient pour nous un caractère d'évidence qu'elles n'ont plus. Ces questions, d'un haut intérêt, n'appartiennent pas assez directement à notre sujet, pour que nous puissions faire autre chose ici que de reconnaître que la certitude qui naît dans nos esprits n'est pas toujours le résultat d'une évidence propre à la vérité que nous embrassons, et qu'au contraire l'inévidence est le caractère d'un grand nombre des idées auxquelles nous attachons la plus ferme et la plus légitime croyance.

Une image servira à rendre notre pensée plus claire encore. L'air atmosphérique convient à tous les individus de l'espèce humaine ; tous se plaisent à le respirer ; aucun ne peut s'en passer, tous ont l'organe qui le réclame et qui le reçoit. Mais l'air des montagnes, bien qu'éminemment pur et sain,* ne produit i)as, dès le premier instant, le même effet sur tous les individus de res|:)èce humaine : aux uns, une constitution faible.

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