‹ La liberté des cultesChapitre 27 sur 116 · AVANTAGES POSITIFS POUR L BTAT · texte numérisé non relu

AVANTAGES POSITIFS POUR L BTAT

naturellement sérieux, réservé, profond. La jouissance de la liberté de pensée l'honore à ses propres yeux ; il sent la noble allégresse de l'adolescent qui a atteint la virilité ; plein de respect pour lui-même, il craindrait d'attenter à sa propre dignité. Peu de choses sont exigées de l'enfant ; mais, pour lui, sa responsabilité est aussi grande que sa liberté; il ne l'ignore pas. Toutes les relations de la vie sont graves à ses yeux comme sa propre existence ; et, en particulier, celle qui le lie au pays qui n'a exigé de sa liberté que la portion absolument nécessaire à la conservation de tous. Cherchez ailleurs les prodiges brillants de l'honneur ^ mais ne cherchez qu'ici le patriotisme et l'esprit public. On vient de voir que si l'État désire le triomphe de la vérité, s'il a à cœur le perfectionnement du caractère national, il doit se garder de prendre aucun parti dans les affaires de religion. Mais les esprits superficiels ont, de tout temps, réclamé son intervention dans l'intérêt de la paix publique. « En effet, disent-ils, l'histoire est pleine de guerres d'opinion ; les peuples ont été émus, la terre ensanglantée pour de simples croyances. » — Avec un peu d'attention, l'on se convaincra que tout cela ne fût point arrivé si la discussion eût été libre. Entre quels partis ont eu lieu ces guerres? Entre une majorité que le pouvoir politique protégeait, et une minorité que révoltait cette tyrannie. Si cette majorité avait des armes, de qui les tenait-elle, sinon du pouvoir? Si cette minorité en vint à des voies de fait, n'y fut-elle pas contrainte par l'oppression? Si donc, en tout temps, l'autorité, qui est dépositaire des forces maté-

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^wielles de la société, demeure scrupuleusemenl neutre, ^Hî elle ne prèle son appui à aucun des partis, com- ^Hnent est-il possible de supposer que des discuSBJons ^K|e\ieiment des guerres? a Jamais une opinion sur la- ^p« quelle l'autorité a laissé librement soutenir le pour « et le contre, n'a occasionné et n'oucasionnera de Irou- « ble8 (!) ; » tandis qu'il n'y a pas une opinion, je ne

»dia pas religieuse, mais philosophique, qui ne pût de- •venir une féconde semence de discordes, si l'État s'en déclarait le protecteur. 11 y a eu eu mijdecine presque autant de controverses qu'en théologie : si le gouvernement se fût avisé de soutenir un système, et de sévir contre l'autre, s'il eût enlevé â une ville, par haine pour quelque opinion de savant, le médecin à qui elle I donnait sa confiance, quelle irritation cela n'eùt-il pas I^Kicitée dans les esprits ! Toute opinion accréditée par ^B£tat abusera de cet avantage : c'est le caractère de ^^■tsprit humain. Impatienté par des arguments difÛ- ^^blee à réfuter, ou qui se reproduisent sans cesse, on ^^pouvcm plus commode d'imposer silence à un adver- ^ saire importun^ on appellera nécessité d'État cet acte aririlraire*, on invoquera l'iutéi-êt de Tordre et de la vrKiuillilé ; et, au nom de la paix, on jettera les fon-

lents de discordes à jamais renaissantes. I Les querelles du jansénisme et du molinisme ont été, France, une source de divisions dans l'État, et ■embarras [wur le gouvernement. Qu'on lise dans la Pw dt Paxcal par Bossul, écrivain sérieux et impartial, Hlisloire de celte longue et fameuse controverse. On y ■iD Bomn, Fi«di Paicat,

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