‹ La liberté des cultesChapitre 28 sur 116 · AVANTAGES POSITIFS POUR L ETAT · texte numérisé non relu

AVANTAGES POSITIFS POUR L ETAT

verra qu'elle dut tout ce qu'elle eut d'amer et d'affligeant à l'intervention des chefs de l'État. On y verra « qu'une question qui ne devait jamais être re- « muée, ou qui aurait dû naître et mourir dans l'obs- « curité des écoles, acquit de l'importance et troubla « l'État pendant plus de cent ans, parce que les défen- « seurs d'un livre inintelligible et destiné à l'oubli, « étaient les amis d'un archevêque de Paris, qui avait « voulu faire chasser le premier ministre du roi de « France. » La haine deMazarin, intéressant son maître à des questions scolastiques sans importance pour l'État, fît sortir une longue guerre civile de la polémique de quelques docteurs !

S'il est aisé de concevoir que la paix publique est intéressée à la libre circulation des croyances, sera-t-il plus difficile de reconnaître un autre avantage du même système, je veux dire l'avantage qui résulte de la concurrence des cultes? Ce seul mot de coiV' currence a déjà développé ma pensée. On sait tout ce que la concurrence vaut au public dans des entreprises d'un intérêt matériel ; on peut aussi se représenter qu'elle ne sera pas inutile à l'État dans les choses d'une autre nature. Le principe de l'émulation aura sans doute aussi son action comme dans toute autre sphère. Mais sur quoi se portera cette émulation? sur le point le plus intéressant pour l'État, sur les mœurs.

Deux religions en présence, dans un même pays, cherchant à se recommander à l'opinion, n'ont pas de choix entre les moyens. Quelles que soient les idées spéculatives sur lesc^uclles chacuue se fonde, il y a un

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