‹ La liberté des cultesChapitre 48 sur 116 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

En résumant les idées que nous avons successive ment présentées dans la première partie de cet essai, on recueillera ces vérités principales : que les croyances religieuses sont soustraites à la juridiction des hommes par l'inévidence qui leur est naturelle ; qu'elles ne sont pas au nombre des choses sur lesquelles le gouvernement est chargé d'exercer une action; que leur oppression présente un caractère d'injustice particulièrement révoltant; que la doctrine du christianisme est favorable à leur liberté par son esprit général et par des passages exprès ; enfin, que l'histoire dépose pour elle à toutes ses pages. Ces divers arguments en faveur de la liberté religieuse ont successivement enveloppé, c'était du moins notre intention, toutes les classes de lecteurs qui peuvent prendre intérêt à cette grande question, les amis de la justice et de la raison, les partisans de la religion naturelle, et les sectateurs du christianisme ; et nous avons tour à tour invoqué deux intérêts différents, qui sont loin d'être opposés, celui de la société civile et celui de la vérité religieuse.

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Mais, si nos raisonnements ont produit la conviction dans l'esprit de nos lecteurs, si la question leur semble résolue, ils reconnaîtront qu'elle en a fait naître d'autres, en faisant pressentir plus ou moins distinctement des conséquences telles que Tesprit ne peut les envisager sans une espèce d'appréhension et d'inquiétude.

En effet, nous n'avons pu exhiber les titres des cultes religieux au respect et à l'inviolabilité, sans établir la parfaite indépendance de l'ordre religieux à l'égard de l'ordre civil, sans les présenter comme deux sphères complètement étrangères l'une à l'autre, existant parallèlement sur la terre en vertu de deux principes distincts, et n'ayant aucun droit l'une sur l'autre.

Nous n'avons point abordé de front cette importante idée ; mais il n'a pu échapper à l'attention de nos lecteurs qu'elle sortait de toutes les parties de notre raisonnement, qu'elle se présentait comme la seule condition sous laquelle puisse exister la liberté religieuse, comme le complément sans lequel tout espoir de la maintenir serait illusoire et décevant.

Que ferons-nous de cette idée en face d'un ordre de choses politique et religieux qui y est directement opposé t Y renoncerons-nous comme à un développement exagéré de notre système? Mais elle lui est essentielle, et ce système n'existe qu'avec elle et par elle. Effacerons^nous tous nos raisonnements, de peur d'accepter ce qui en fait la force, et abandonnerons-nous à là prudence et à la modération du pouvoir le soin de la liberté religieuse? c'est-à-dire, en termes plus clairs,

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