‹ La liberté des cultesChapitre 51 sur 116 · DE LA SOGIKTR CIVILE · texte numérisé non relu

DE LA SOGIKTR CIVILE

merce d'échange entrepris dans le but de la conservation et de la défense mutuelle.

Mais aucun élément d'une nature supérieure ne pourra-tril se mêler parmi les éléments primitifs de cette institution? Oui, certes ; la justice, la compassion,

la touchante communauté des souvenirs et des affec-

tions^ peuvent répandre une nouvelle vie dans le corps social ; mais ce n'est pas par ces choses que la société subsiste ; c'est elle plutôt qui les fait naître et les développe ; et il en faut toujours revenir à reconnaître que sa vraie base est la nécessité.

La formation de la société n'a rien de libre ni d'individuel. Il n'a pas été libre à chacun de se déterminer pour ou contre. Quel choix que celui qui est à faire entre être et ne pas être, entre périr et vivre? L'homme est contraint de vivre en société; il n'est homme, il n'est ce qu'il est que par là. Cette société est forcée ; il aérait mal reçu, celui qui, au milieu de l'établissement social, dirait : Je ne veux pas vivre selon la société ; autant vaudrait dire : Je ne veux pas être homme. Il serait châtié par tous et au nom de tous. Mais aussi celte contrainte individuelle, que la nécessité a voulue, finit de plein droit au terme précis où la nécessité cesse. Lorsqu'il a respecté l'existence de chacun, lorsqu'il a pourvu, pour sa quote-part, à la conservation de tous, l'individu est absolument quitte envers la société, il a rempli toute sa tâche.

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