CHAPITRE V
CAUSES DE lA CONFUSION DE CES DEUX SOCIÉTÉS.
Lorsqu'un État a senti, par sa propre expérience, la puissance des idées religieuses, cette expérience devient pour les uns l'occasion d'une grande méprise, et pour les autres le moyen d'un abus très coupable. Les uns, dans une pieuse prévention, pensent qu'on ne peut ni trop fortement ni de trop de manières mêler et fondre la religion avec les institutions politiques, oubliant que ce qui est libre de sa nature doit éternellement rester libre ; que la vérité imposée devient odieuse comme le mensonge ; que la persuasion est d'autant plus entière, énergique et efficace, qu'elle ne s'est aidée d'aucun secours extérieur ; ils inscrivent l'obligation de croire à la suite des obligations civiques, et par