‹ La liberté des cultesChapitre 56 sur 116 · CAUSES DB LA COHFCSION · texte numérisé non relu

CAUSES DB LA COHFCSION

une étrange pétition de principes, ils fondent des devoirs positifs^ des pratiques, sur un point qui n'eft pas généralement accordé ; ils reconstruisent à neuf l'édifice social sur des croyances religieuses qui, pour être les leurs, ne sont pas celles de tous, et qui, lors même qu'elles seraient identiques pour tous, ne peu» vent entraîner pour tous les esprits des conséquences exactement pareilles r Ils font accomplir par force ce qui ne devait être accompli que par amour ; ils substi" tuent peu à peu à l'esprit religieux les institutions reli-» gieuses. Grave erreur sans doute! car si en croyant l'on apprend à obéir, il n'est pas également vrai qu'en obéissant on apprenne à croire. L'esprit religieux perdra a ce système, qui lui est directement opposé; d'où il suit bien clairement que la société politique n'y gagnera rien.

Mais ce qui n'est qu'erreur chez les uns, est chez les autres un calcul politique. Ceux-ci savent bien la vraie place des choses spirituelles et des affaires temporelles, mais ils ont vu quel parti l'on pourrait tirer de leur mélange cx)n6eillé par l'erreur. Ils ont fait des affections religieuses de l'homme des liens de servitude pour l'homme ; ils ont exploité les plus pures émotions de l'âme au profit de leur égoïsme et de leur ambi*tion 5 ils ont voulu que le peuple fût religieux pour qu'il fût servile, et ils l'ont fait aveugle pour qu'il fût religieux. De cette immense chaîne d'or qui suspend la terre au trône de l'Éternel, ils ont fait une multitude de chaînes dont ils ont chargé l'être à qui Dieu a donné le sublime privilège de l'adoration. Avides de wh

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nopoles^ ils n'ont pas négligé celui qui était le plus productif. Ils se sont emparés de ces sentiments intimes qui élancent la créature vers son Créateur ; ils ont mis la main sur ces croyances qui, pour être conmiunes à plusieurs, n'en sont pas moins des propriétés individuelles ; ils en ont fait, en les réduisant toutes à une mesure et à une expression, la croyance de l'État, comme si l'État pouvait avoir une croyance; ils ont ciigé l'adhésion d'un peuple entier à cette lettre OKnrte, qu'ils appellent confession de foi; ils ont lié l'existence civile, l'exercice des droits sociaux, la faculté de posséder et d'être, à la reconnaissance d'une doctrine qui ne pouvait être celle de tous.

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