CHAPITRE IX
SUITE BU P&ÉGÉDENT.
4* Il faut encore appliquer notre système à la constir tut ion du clergé.
Dans un pays où la religion est une affaire de FÉtat, le clergé est naturellement une institution de TÉtat. Le gouvernement est appelé à veiller à sa formation , à son salaire, à sa conduite.
Quant à sa formation, le gouvernement institue ou désigne les établissements destinés à instruire et à revêtir du caractère sacerdotal les conducteurs spirituels du peuple. S'il veut une certaine religion, il ne peut pas vouloir des ministres quelconques. Il faut qu'il ait quelques moyens de s'assurer que ces ministres conviennent à la religion qu'il a cru devoir préférer : autrement il détruirait lui-même son œuvre. Ces ministres de la religion de l'État deviennent par là même des employés de l'État ; et, comme tels, ils ont droit à recevoir de lui un salaire. S'ils n'en recevaient points on ne conçoit pas comment ils auraient quelques rapports avec l'État ; et si la religion est affaire de l'Élat, la dépense qu'elle nécessite doit se faire avec les deniers de l'État, comme toute autre dépense d'intérêt
(1) Voyez la Note XXV.
COmiTUTION DU aBRGlf. il9
fiiiblic ; et cette diarge ne peut être laissée aux commuliautés, qui, si elle» étaient chargées de payer les ministres, devraient aussi êtfè autorisées à lès établir et à tes surveiller.
Cette dernière fonction, la surveillaftcê, appartient encore au gouvernement, puisqu'il s'agit d*une institution créée par lui ou souè ses auspices* Il ne se croira probablement pas obligé d'entrer dans les débats théologiques des pasteurs 5 tnais il aura et il exercera le cÈroit de les choisir, de les placer, de les destituer, sdon qu'ik l'auront mérité.
Ges trois attributions sont inséparables. Il serait bien étrange, comme nous rav<Ms observé, que le gouver- Htèiâèht eAt dtoit d'instiluticm et de surveillance à l'^ëgafrd des pasteurs, et tië «e chargeât point de leur salaire. Il ne serait pas moins irrégulieflr que, payé pàî* l'État, te clergé fut tout à fait indépendant dé l'État.
H y a des pays où la religion, déclarée religion de l'Ëtftt, dép^nd^ pour beaucoup de choses és^ntrelles, <b l'OTtorité d'un prinôe spirituel, étranger au piays, et réputé infaillible dans une sphère qui n'est pas bien déterminée : c'est la source d'une foule d'inconvétdetïts. Pat là un prince étranger s'insinue non-seulement dans l'administration religieuse, mais dans ràdj&binistr^tiôh civile et politique, qui y tient de près ^par^te du principe. Gela oblige le gouvernement à
bieti des mesures répugnantes, comme à défendre aux
prêtres de communiquer avec leur chef spirituel sans le côhgë ,du chef politique ; et à une résistance pénible aux prétentions de ce chef, qu'on regarde en mênie
220 CONSTITUTION DU GLBRGi.
temps comme inspiré par la sagesse d'en haut. On écrit souvent les libertés de l'Église nationale : niais le vice de l'institution l'emporte sur de vains écrits ; et, suivant l'esprit dominant, l'Église croit voir tour à tour sa liberté dans la résistance à son chef spirituel ou dans l'opposition aux volontés du chef politique.
Il faut donc, sous peine d'inconséquence, que l'État exerce simultanément et sans partage les trois attributions que nous avons désignées.
Dans le système dont nous nous sommes efforcé de poser les bases, le gouvernement n'en a aucune des trois, pas même la dernière ; car s'il surveille les pasteurs, c'est comme citoyens.
Dans ce système, le clergé n'est point un ordre de l'État, mais une classe de la société, caractérisée par la nature de ses fonctions (1).
Dans ce système, la religion redevenant chose individuelle, c'est aux individus que réunit un même sentiment religieux à nommer leurs guides , à les entretenir, à les surveiller. Ils en usent comme les ma-
(1) G*est sous Pépin d'Héristal que le clergé devipt en France un ordre de rÉtat. V La France, dit Voltaire, est le seul pays du monde où le clergé (( fasse un ordre de l'État : partout ailleurs les prêtres ont du crédit, des « richesses; ils sont distingués du peuple par leurs vêtements; mais Os « ne composent point un ordre légal, une nation dans la nation..... La «France est la seule où Ton dise : Le clergé, la noblesse , le peuple. it (Voltaire, Essai sur les Mœurs.)
« Un corps (le clergé égyptien) dont les intérêts avalent été yiolemmeot « séparés de ceux de l'État , était un monstre ; et ceux qui l'avaient établi « avaient jeté dans la société une semence de discordes et de guerres cite viles. » (Montesquieu, Politique des Romains dans la religion.)
On peut voir, dans un grand nombre de citations dans les Mémoires û» NEAin>ER, tome U, pages 170-187, combien la primitive Église était âiolgnée de ces vues.
CONSTITUTION DU CLCRGE. 221
lades avec leurs médecins ; que sont les prêtres, sinon les médecins des âmes?
Par là sont détruits deux grands inconvénients. Le gouvernement se trouve libéré de l'énorme embarras des affaires ecclésiastiques , où son intervention est si ordinairement fâcheuse, et les pasteurs cessent d'être des fonctionnaires publics.
Ce dernier mal est considérable. La qualité de fonctionnaire public dénature souvent le caractère du pasteur. Elle lui inspire trop souvent la tentation de s'appuyer du pouvoir là où il sent échouer son zèle ou défaillir son talent ; elle le plonge dans une multitude de détails minutieux d'intérêt, de préséance, de formes; elle l'oblige à être l'instrument de l'État dans bien des choses étrangères à l'objet de ses sublimes fonctions ; elle le contraint à être de ce monde, à fréquenter les puissants, à les ménager, peut-être à les flatter. On connaît le mot sévère de Montesquieu : «Ec- « desiastiques, flatteurs des princes, lorsqu'ils nepeu- « vent être leurs tyrans (1). »
Dans le système de la religion de l'État, la profession d'ecclésiastique est une ressource, et une ressource commode. Si elle n'ouvre pas une brillante perspective, elle offre à la médiocrité même une existence assurée ; elle devient un genre d'industrie précieux.
(s) La prêtrise, à Rome, n'était absolument qu'une cliarge civile; on peut TOir, dans la dissertation de Montesquieu sur la politique des Romains dans ia religion, le développement de ce fait, ainsi que des conséquences qui pouvaient concourir aux vues politiques de TÉtat, mais qui étaient la plus indigne déception et le plus funeste abus du sentiment religieux. — Voyez de plu& la Note XX VL
SS2 coNSTiTimQN mj clibgiE.
le plus facile à exploiter. Maltraité par la fortune, ^t doué d'une ambition modique, un jeune homme est poussé dans la carrière ecclésiastique par la vocation du besoin. Il se soumet à des épreuves qui ne sont jamais bien rigoureuses, si Ton en juge par l'ensemlde des résultats. Réussissent-elles, il a du pain ; et s'il s'aperçoit, à Feutrée de ses fonctions saintes , qu'il a une conscience, il tâiche de prendre le goût de son état, et de former en lui la vocation qui aurait dû s'y faiie sentir plus tôt. Certes, il faut que le christianisme ajt en lui un grand esprit de vie, pour avoir produit, malgré cela, un assez grand nombre de saints prêtres 1 Dans le système opposé, la vocation intérieure a \» dessus. Celui-là seul s'enrôle parmi les soldats de lésuft- Christ, qui se sent du goût pour les travaux de cette milice sacrée. Il n'y a pour lui à espérer que ce que Jésus- Christ promit à ses premiers disciples, de grandes for tigues et le salut de quelques âmes. Tant d'Ambitions moins nobles ont décidé de la carrière de milliers d'hommes! pourquoi la plus généreuse de toutes ne gagnerait-elle pas quelques cœurs? A des âmes élevées et sensibles, les fonctions de prêtre ne paraîtraientr elles pas d'autant plus belles et plus attrayanteis^ , qu'aucun avantage temporel n'y serait attaché? Dès lors, le candidat du sacerdoce n'est plus un futur ooe partageant du fonds assigné aux dépenses ecclésiastiques de l'État; c'est un futur missionnaire, un évangéliste, un confesseur, un apôtre. Certes, ou je me trompe fort, ou il y aura peu de mauvais ecdésiastiques ; car celui qui se mettra sur les rangs pour l'èirQ,
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est d'avance un bon ecclésiastique , pour ce qui concerne les sentiments et la foi. S'il ne reçoit pas la consécration de l'État, il a reçu celle de l'Esprit-Saint.
Une communauté nombreuse, ou plusieurs communautés réunies pourront fonder un institut pour le* études ecclésiastiques. Les établissements supérieurs d'instruction profane ne seront sans doute par fermés aux jeunes candidats du ministère sacré. Dans tous les cas, aucune coinmunauté ne se dessaisira du droit de se choisir son pasteur, sans autre considération que celle du talent et du zèle. Il est superflu de répéter que ces communautés ne sont composées que des croyants, et qu'elles n'ont rien de commun avec l'administration municipale d'une ville ou d'un bourg. Rejcnettre à un corps semblable la charge de veiller aux intérêts spirituels de la population, ce serait retomber dans le principe que nous combattons. Un corps municipal est un gouvernement en petit.
Si Ton supposait que dans l'ordre de choses proposé, la communauté croyante se réduirait à un fort petit nombre d'individus, incapables d'entretenir un pasteur, on serait dans une grande erreur. L'édifice de la religion tient-il donc à si peu de chose que, détaché ^es institutions politiques, il doive crouler incontinent? Quelque bas^e que puisse être, si l'on me permet de parlier ainsi, la température religieuse des peuples, le besoin religieux est général. Sous toutes les institutions ppssibles, rien n'est plus populaire que la religion. L'adoption du système que nous proposons n'aurait nullement pour résultat de faire un désert
^4 CONSTITUTION DU CLSRGli.
autour' des autels : en rendant la manifestation des idées religieuses libre et loyale, il n'éloignerait du sanctuaire que ceux pour qui le sanctuaire est profane, et dispenserait d'une pénible et trompeuse participation au culte public ceux pour qui ce culte n*est rien. Et s'il arrivait, contre toute vraisemblance, que la communauté spirituelle ne conservât qu'un petit nombre de membres, n'en faudrait-il pas conclure que c'était uniquement pour ce petit nombre qu'un pasteur > était entretenu, et que, pour tout le reste, son existence était un hors-d' œuvre et un fardeau?
Sans doute le pasteur ne serait pas en droit d'exiger que chaque père de famille du lieu lui confiât l'instruction religieuse de ses enfants. Mais, quelque pénible que puisse paraître cette conséquence du système, je demande si, entre les attributions de la puissance paternelle, il en est une plus précieuse à la fois et plus sacrée que celle de diriger l'éducation de ses enfants? Je demande s'il n'est pas odieux qu'un père de famille soit contraint de faire élever son fils dans des principes qu'il méprise ou qu'il déteste ? Je demande si ce n'est pas dans la faculté d'en ordonner que gît la plus importante portion de la liberté religieuse? Enfin je demande si les hommes qui , comme nous l'avons montré, n'ont nul droit à prescrire à l'individu sa croyance et son culte, pourraient avoir droit à la lui prescrire pour ses enfants (1)?
Mais, encore une fois, réduisons à leur valeur ces suppositions affligeantes, qu'on ne ferait pas si Ton
(1) Voyez la Note XXVU.
CONSTITUTION DU CXBRGlE, 225
avait plus de confiance dans la force de la vérité et dans la force de Dieu. Serait-il donc vrai que cet Évangile, ou cette Parole de Dieu, quelle qu'elle soit, tirât toute sa force de quelques institutions caduques des hommes? N'aurait-elle pas, cette Parole du Tout-Puissant, quelque chose de la puissance de son Auteur? N' aurait-elle pas une vie propre, une énergie qu'elle tire toute d'elle-même? EstKîe par le fastueux et frêle appui que lui ont concédé quelques rois, qu'elle a étendu, comme la vigne du Seigneur, ses rameaux sur tout l'univers? ou bien n'est-ce pas plutôt parce qu'elle à su faire entendre à la partie la plus intime de notre être le langage le plus énergique et le pUis divin? N'est-ce pas parce qu'elle renferme le secret de cette harmonie après laquelle soupire l'âme humaine, certaine d'y trouver le bonheur? N'est-ce pas parce qu'elle nous a appris à ne désirer que ce qui est bon, à n'espérer que ce qui est certain, à n'aimer que ce qui est étemel? N'estrce pas parce que, au moyen d'une dispensation adorable, elle nous a donné, sur le royaume des cieux, des droits que nous avions perdus? Une religion qui n'offre rien de tout cela est-elle digne d'être protégée? Une religion qui a tout cela a-t-elle besoin de protection (1)? Quant à nous, nous ne lui en dési-
(i) Quand on voit tout ce quo fait de nos jours dans quelques pays de f Europe Tesprit reli^eux livré à hii-méme ; quand on voit avec quelle rapidité des particuliers ont acquis des fonds énormes et des forces colossales, pour la réalisation de quelques œuvres de piété, on ne se croit pas permis de révoquer en doute la puissance d*un sentiment qui fait à lui seul de si grandes choses. Qu'on le laisse agir dans les États-Unis comme Jusqu'à ce jour, dans cinquante ans l'état de ce pays rendra inutile toute discussion dans le genre de celle qui fait l'objet 'de ce Mémoire.
%M iOMtTlTUTlON DU CLIRsi^
rons d'autre que la liberté ; nous ne demandons mn pour elle, sinon qu*on l'abandonne à ses propres koh oes. Que le clergé qui la prêche ne recoure pas à uq pouvoir extérieur; qu'il vive con^me lei apôtres y. il convertira comme eux. La maxime de saint Paul ; Louvriir est digne de son salaire (l), ne fut point adressée à quelque gouvernement d'une monarohife ou d'une république» Il n'y en avait 'point qui eût embrassé la doctrine à^e l'obscur prophète de NasBr reth. Cette maxime était adressée aux fidèles ; c'était à eux seuls que Paul recommandait l'entretien das pasteurs; c'est à eux seuls aussi quUl l'eût recomr mandé de nos jours « Peut-être feutrii s'attendre que plusieurs mangeront un pain trempé de leur sueuF; mais qui a dit que la carrière du pasteur évangélique dût ressemibler à toutes les carrières par lesquelles les hommes se poussent à la fortune ? Pour rencontrer au!jourd'hui moins d'obstacles et de dangers, en eat^e moins par sa nature une carrière de dévouement? ffeat une profession, ditH)n; c'est bien plutôt une vocatioa; et si ce n'est pas une vocation, elle est moins honond^ que la moindre des professions. L'homme de Dieu îie i^ompte point avec la tBrre ; il a son compte ouvert dans le ciel ; il sait, comme Paul, être dans l'abondanee et dans la disette, avoir faim et être rassasié. A Dieu ne plaise que nous ayons l'idée de nous résigner pour lui . aux peines qui l'attendent, et que nous prenions commodément notre parti des fatigues qu'il essuyera ! Nùus désirons et nous espérons pour lui une existence beau-
(1) Première Èpûre à Tinotbëe, V, 18.
i:oKHTiTiiTios DU cLBRfiK. 247 '
coup meilleure) mais nous ne pouvoiie souOrir qu'on abaisse son ministère au niveau des professions dont rintérêl seul est Vâme. Ce mipistère sera pour quelquesuns pénible; par exemple, tel ministre, au lieu de vivre en repos dans un commode pFesbytère, sera oblige de visiler, en missionnaire, maintes brebis éparsea que leur petit nombre empi^cbe d'entretenir un [lasteur. Mais que d'ubstacles surmontera le aèle des pasteurs et des troupeaux ! et qu'elles seront belles et pures Itis institutions que l'esprit religieux aura seul fondées I
Une autre manière de pourvoir n rontretien du
clei^é a été proposée ; nous devons en faire mention{l ).
Le gouvernement, a-tr-on dit, est appelé par son
institution à satislaire aux besoins du peuple qu'il
Tégit; par où l'on entend les be^ina qui pont oonir
muns à ta masse de la population, et que cette )>opula-
i lion n'a pas les nioyens de satisfaire par elle-même.
\ Virftice du gouvernement n'est ni de juger ces besoins,
\ ni de les détruire, mais bien de les reconnaître et de
I Jes satisfaire. C'est son intérêt d'agir ainsi ; promière-
) Wicnlj parce que rien ne peut mieux lui mériter la
► «confiance de ses commettants ; en second lieu, parce ' [ ■^ue, sur certains points, le peuple s'entendrait mal à
» ^Êd pourvoir lui-même, et peut-être n'y parviendrait pas
► ttians trouble et sans désordre (2). Or, ajoute^t-^n, le
1 (I) • ToUi U» frala du culte, 4UI Elats-Unls, aonl supportés par dng conlri-
\ «bullont TUlontaires, eiccpié i^sas lo pclil Élal de Rhodc-lsla|i<i, où la «cbirie coloulale prloiliivc est loiyours en vigueur; niais, dans cet Ëlal, •• h contribuable a du iiiulus te droU d'hiiliquer i quelle secte II leut <|ue *>tuu: soit reinlïe. u [Revue Brilannigue , livraison d'octobre 1820, ptK 13B.)
(it C'eu iiae l(ié« dont il pe fjiut pas trop «teutlre l'appltcallon. Elit
t (.ïM
338 CONSTITUTION DI3 CLEHC^.
besoin d'un culte étant, sinon le plus prochain, i moins vivement et universellement senti, le gouvernement doit le reconnaître en fait, et par cela même en droit. Convaincu que la jouissance libre et facile du culte que chacun a choisi, est un élément essentiel de bien-être et de paix dans la société, il prend les mesures suivantes.
Il y a une taxe religieuse. Chaque habitant du sol est imposé pour la satisfaction de ce besoin diversement manifesté, mais universel. Nul n'est exempté de cette imposition, non pas môme celui qui fait profession d'athéisme. Car, combien ne serait-il pas déraisonnable que le paralytique ou l'aveugle refusât de payer l'impôt destiné aux frais de l'éclairage des rues, sous prétexte qu'il ne sort jamais, ou que cet établissement est sans utilité pour lui ! L'athée est dans ce cas : il ne sent pas de besoin religieux ; mais comme l'imposition dont nous parlons procure l'avantage de la société, et par là médiatement le sien, il ne saurait prétendre à en être dispensé.
Ensuite le gouvernement ouvre, a certaines époques,
n'Irait pas i moins qu'à déposs^d^r le ciloycii de son plus beau droii, celui de concourir par lui- même au bien de la patrie. Il n'y 3 polnl d'espHI public, Il oâ les parlicutiers remettent avec insouciance la fondalion de lous les établissements de bien général au gouvernement. Il ne peut sulflre i tant de soins, et le bien il faire est Immense. Sou attribution principale est de protéger cl d'aplanir la roule au lele des citoyens. CtU 1 ceux-ci 1 créer, sous ses auspices, toutes ces institutions variées, soit littéraires, soit morales, sait phllanlbroplques, par lesquelles fleurit de tonta parts le cbamp social. Quoi ! le rAle du citoyen se bornerait i payer les iinpô», et A prêter i la loi une passive obéissance '. Il resterait oisif, lorsqu'il y a tant & lalrel 11 ne se chargerait pas de ce que l'autorité ne peut pu entreprendre! Que le gouvernement gouverne, c'en est assez; si l'esprit l>Db1lc rtgne parmi les citoyens, leur zËIe accomplira