‹ La liberté des cultesChapitre 77 sur 116 · S6S DES SECTES · texte numérisé non relu

S6S DES SECTES

répondait avec assurance : « Ils sont morts, à la vérité, « mais toujours ce sont des membres. >> En fait de religion, des membres morts ne sont pas des mem-

bres. Ce sont des étrangers égarés dans un empire dont ils ne peuvent apprendre ni la langue, ni les lois, ni les mœurs. Ils n'ont point d'esprit public, point de zèle pour cette terre étrangère, aucun moyeri de la servir et de participer aux avantages qu'elle offre à s^ vrais enfants. Où sont lés fruits de cette unité? Y a-t-il sympathie dans les pensées, concert dans les entreprises , accord dans le langage , harmonie dans les mœurs? Y a-t-il surtout cette vie générale et pronoticée, sans cesse renouvelée, qui: résulte toujours de l'union sincère des cœurs ? Voilà la vraie unité ; toute autre n'est qu'un vain nom. La première est l'œuvre de Dîèû et de la foi ; pour la seconde, il ne faut que de rigiiorance ; car, comme l'observe Bacon, toutes les couleurs s'accordent dans les ténèbres.

Le grand homme que je viens de nommer désirait l'unité dans l'Église ; et qui pourrait ne pas la désirer? Il ne regardait point les sectes comme un bien absolu ; nous avons exprimé la même idée. Il pensait, et nous le pensons comme lui, que le mouvement qu'elles occasionnent doit être suivi de calme, de repos et de tolérance; et c'est à ce moment-là seulement que l'esprit religieux lui paraissait avoir repris tous ses droits : « Alors, dit-il , la paix extérieure de rÉglise « répand peu à peu la paix intérieure, et elle change « les travaux des écrivains et les controverses des doo- « teurs en traités de piété et de mortification . » Mais,

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