SUR LES CONVERSIONS FORGEES
«Quàlqoes hommes prétendenlqu'il feut d'abord obtenir les
apparences, etque la réalité vient ensuite. C'est une absurdité révoltante: le vice ne peut produire que le vice; et il y a impiété ou démence à prétendre qu'il puisse être le germe de la moindre vertu. »
(Droz, La Morale appliquée à la politique^)
NOTE IV, page 67.
l'hommb responsable de sa foi a dieu seul.
a Le fond de tout le christianisme est un fait historique reçu dans sa pureté, c'est-à-dire reproduit dans TAme par une foi simple, ingénue et- active. Or, il suit de là que le christianisme, considéré comme tel, ne peut et ne doit jamais persécuter. Qui est-ce qui contraindra jamais son semblable à croire historiquement une chose? Qu'on lui persuade de croire, sinon qu'on le laisse en repos. Qu'il reste ferme ou qu'il tombe, cela ne regarde que le Juge de sa conviction: et vous ne l'êtes pas. »
(Hçrder's Briefe ûber dos Studium der Théologie, 4**' Theil, s. 491.)
Sans doute, comme Herder l'observe, il y a un juge de nos convictions ou, si l'on veut, de nos croyances. En effet, la foi n'est pas seulement un état passif et involontaire de l'âme; c'est un acte, et un acte moral. Elle est ainsi représentée dans une foule de passages de nos saintes Écritures ; et Thomas Erskine a fort bien montré, dans son Essai sur la Foi (page 4), o que notre croyance forme réellement une c( partie de notre caractère moral, et que, comme telle, elle u est sujette à l'approbation et au blâme. » La foi du chrétien n'est pas simplement l'adoption de certains faits conime vrais, mais l'adhésion du cœur à de certains principes. Nous pouvons donc être et nous serons responsables devant Dieu de notre foi, comme nous le serons de toutes nos actions. Mais comme Dieu seul peut connaître notre cœur, lui offrir les
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moyens de se tourner à lui, apprécier les circonstances dont ce cœur a ressenti l'empire, Dieu seul peut aussi le juger. Il sait ce qu'il avait à en attendre , et nous l'ignorons. Nous ne sommes donc nullement autorisés à mépriser un homme, parce qu'il nous paraît ne pas avoir la foi, c'est-à-dire ne pas être avec Dieu dans les rapports que nous jugeons les vrais, et où nous croyons être.
NOTE V, page 88.